sábado, 29 de agosto de 2015

Mark Dixon détective

CINECINEMA CLASSIC, 22 H 20

Par Louis SKORECKI

Ne pas penser qu'il s'agit d'un film noir de plus. C'est plus que ça. C'est un rêve, un vrai. On part de ce rêve pour ne plus revenir. Celui qui en reviendrait ne serait plus le même. Il a trop rêvé pour coïncider avec lui-même. On voit des morceaux de lui jetés au vent, des bouts de cinéphile qui s'accrochent à la lune comme un enfant perdu. Tout ça pour dire, avec les pauvres mots dont on dispose, de quoi le rêve premingerien est fait, et de quoi il se défait. Il se défait comme il peut, autour de la seule star hollywoodienne à n'être jamais descendue de son nuage, la trop fragile Gene Tierney.

C'est encore Gene Tierney, c'est encore Dana Andrews, mais Laura est loin. Il y a sept ans, Dana Andrews aimait Gene Tierney d'un amour fou, incontrôlable. Dans Mark Dixon détective, il est passé de l'autre côté du miroir, du côté noir. On est à l'autre bout du trottoir (Where the Sidewalk Ends, le titre original), là où commence la rue, là où rôde la mort. Le policier immaculé de Laura s'est transformé en un flic ordinaire, pleurnichard, douteux, qui n'utilise plus l'image de la femme idéale (Gene Tierney) comme icône mais comme refuge, seule rédemption possible avant sa condamnation pour meurtre. Le héros est faible, il souffre, il a peur. Ben Hecht au scénario, Joseph LaShelle à la photo, Oleg Cassini, le grand amour de Gene Tierney, aux costumes, que demander de plus ?

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