terça-feira, 25 de agosto de 2015

Mission: impossible. Cinéstar 1, 11 h 25.

10/12/1998 à 19h16

Par LOUIS SKORECKI

Comment en finir avec le cinéma? Comment en finir avec la télévision ? Pour ce qui est d'en finir, de Palma s'y connaît. On ne lui en voudrait pas tant s'il en profitait, au passage, pour commencer quelque chose. Ce n'est pas son genre. Mission: impossible, sa seconde incursion dans la série télé filmée après les Incorruptibles (un de ses rares films pas complètement ratés), se tortille entre voyeurisme techno et pyrotechnie inconséquente, dans un effort pathétique pour se faire remarquer. Regardez comment j'explose un feuilleton télé, remarquez comment ma caméra monte, comment elle descend, comment elle travellingue, comment je change de style en cours de film, comment grosses lèvres trahit Tom Cruise, comment tout ça n'a pas d'importance, comment je complique à loisir pour que les enfants comprennent. Regardez, regardez, regardez" Mais non, on ne regarde pas un film, on va le voir. Comme un vieil ami, une pute, une voyante. Pour avoir des nouvelles, du plaisir, une idée de l'avenir. Ici, on s'en prend plein la vue, dans une overdose de pulsions rococos et d'espionnage échangiste, sans l'alibi de plus en plus virtuel du jeu vidéo. Le cinéma s'anéantit sur ce champ de bataille dérisoire, sans les rires rassurants de la sitcom pour retrouver son chemin. Où est-on? Où est-on?

Encore un mot. Dans ce cinéma cynique, il s'agit bien sûr de l'impossibilité foncière de tuer le père. Le père? Pas l'Hitchcock inventeur des années anglaises mais le destructeur maniériste qui, dès le milieu des années 50, brouille les cartes en donnant à la fois à la télévision (Hitchcock présente) et au cinéma (Psychose) des lettres de noblesse par essence inimitables. Ni son minimalisme télé ni ses surlignages storyboardés, autant de pressentiments frigides mis définitivement en forme, ne sauraient avoir de descendance particulière, puisqu'il s'agit ici d'un dynamitage en bonne et due forme du cinéma dans son ensemble. Cela dit, comme dans toute comédie macabre qui se respecte, Hitchcock n'a jamais poignardé qu'un cadavre. Dans le placard, en attendant, ses descendants sont seuls au monde.

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