terça-feira, 25 de agosto de 2015

Montana Belle (3)

CINECINEMA CLASSIC, 14 h 20

par Louis SKORECKI

C'était hier. On parlait du procédé Trucolor (le moins true du monde), de Gauguin, de Portia Nelson, une chanteuse d'opérette, idéale pour Dwan. On parlait aussi du territoire Griffith, des filles innocentes, perdues, du jardin d'Eden. On disait que c'était fichu. On disait que Dwan filmait les yeux des filles perdues, comme personne. On disait qu'il filmait les yeux de loin, sans gros plan, comme si c'était de près. On disait que plus personne ne savait faire ça. On parlait des films de Jane Russell, du Sternberg si étrange, Macao, tourné la même année que Montana Belle, en 1952. On disait qu'elle traversait l'espace Dwan comme une reine, une amazone.

On annonçait les films à venir de Jane Russell, Les hommes préfèrent les blondes (Hawks), l'Ardente Gitane (Ray), et surtout The Revolt of Mamie Stover, le plus beau Walsh. On n'avait pas encore dit que Dwan, comme Walsh, c'était une sensualité sèche, un regard frontal, la belle et grande déception monochrome. Sauf que Dwan est un plus grand cinéaste que Walsh. Sauf qu'il est un des deux ou trois, là-bas, sur une plage hollywoodienne, une plage émeraude en Trucolor, à avoir inventé le cinéma. La caméra recule à peine, juste le temps de voir les yeux de lynx de la fille. Juste le temps de voir la cloison. Le cinéma est une histoire de cloison, rappelez-vous. Rappelez-vous Elle et lui. Leo McCarey savait. Allan Dwan savait. Jacques Tourneur, peut-être. Et basta.

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