sábado, 22 de agosto de 2015

New York 1997

LOUIS SKORECKI 10 SEPTEMBRE 2004 À 02:04

Cinécinéma Frisson, 3 heures.

Qu'est-ce qui peut donner envie de se remuer les méninges ? Quel nouveau territoire explorer après celui de l'innocence et du rayonnement perdu d'un Gary Cooper, la plus belle antithèse à la médiocrité vaguement louche d'un Marlon Brando, le Jean-Paul Sartre de l'Actor's Studio ? Après l'incarnation absolue ­ une définition comme une autre du «cinéma» ­, tout paraît terne. Pourquoi ne pas se laisser aller aux charmes calibrés du cinéma de série de John Carpenter ? New York 1997 n'est pas son chef-d'oeuvre, mais ça ira. Est-ce qu'il en a fait, des chefs-d'oeuvre, d'abord ? A part l'inaugural Dark Star, et surtout Invasion Los Angeles (They Live), qu'il n'est pas idiot de tenir pour un film culte, mieux vaut ne pas s'exciter outre mesure sur sa filmographie. Ni Assault On Precinct 13, remake très décalé de Rio Bravo, ni The Thing, remake respectueux d'un autre film de Hawks (et encore moins Starman, les Vampires ou Ghosts from Mars) ne mènent très loin. S'il y a quelque chose que Carpenter sait par coeur, c'est que Rio Bravo (1958) est le dernier film classique hollywoodien, et par conséquent le dernier film de genre. Même dans sa mythologie personnelle, il ne se fait pas d'illusion. Il sait que le genre, c'est ce qui fait genre, un point c'est tout.

Il sait aussi que la mollesse de Kurt Russell ne viendra jamais faire de l'ombre à l'ombre de John Wayne. Disons qu'il l'a choisi pour ça, pour sa mollesse de star alanguie, pour ses faux airs de Ricky Nelson gavé aux hamburgers hollywoodiens. Ceux qui ont cru voir dans le fade Elvis, tourné pour la télé, le sommet du cinéma de Carpenter, ont confondu l'attirance du vieux hippie pour son idole de jeunesse avec une certaine idée du cinéma dont il a depuis longtemps fait son deuil. A quand un vrai film d'horreur sur l'amour des morts ? Ça vaudrait évidemment mieux.

SKORECKI Louis

Nenhum comentário:

Arquivo do blog