quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

«New York Police Blues». Série policière américaine en V.O. Le télé-réalisme de Steven Bochco

06/05/1995 à 05h16

SKORECKI Louis

CANAL JIMMY, 22h10. «New York Police Blues». Série policière américaine en V.O.

Le télé-réalisme de Steven Bochco Il faut rendre grâce à Canal Jimmy d'avoir programmé sans doute la meilleure série du moment, New York Police Blues. Les qualités de ce feuilleton formidable sont encore rehaussées par la version originale sous-titrée, qui restitue sèchement le langage quotidien des flics new-yorkais.

Le créateur de New York Police Blues, Steven Bochco, n'est pas un inconnu. Depuis ses débuts comme story editor sur Columbo, il a beaucoup fait parler de lui, d'abord avec Hill Street Blues (Capitaine Furillo) qu'il invente pour MTM, puis avec L.A Law (la Loi de Los Angeles), deux séries qui inventent un nouveau réalisme à la télévision. Le concept est de cesser de donner la vedette à un ou deux personnages principaux pour faire d'un commissariat entier ou d'une firme d'avocat les héros du drame.

Avec New York Police Blues, Bochco garde l'idée de faire partager à une dizaine d'acteurs les rôles de la série mais il fait un léger pas en arrière en donnant à deux d'entre eux les rôles principaux. Sans doute l'idée très réaliste de la série ne lui permettait pas d'éparpiller autant qu'avant. Jimmy Smits, qui jouait l'avocat Victor Sifuentes dans la Loi de Los Angeles, interprète ici le détective Bobby Simone dont le partenaire est le massif Dennis Franz dans le rôle du détective Andy Sipowicz.

Une caméra légère, portée à la main, attrape au fil de l'action les péripéties entremêlées de l'histoire du jour. L'épisode de ce soir est une rediffusion, les Américains ayant pris du retard sur la France.

On commence par la série de zooms habituels sur des rues de New York, tandis que Simone et Sipowicz découvrent une femme calcinée dans un dépôt à ordures. La femme est enceinte. Les deux détectives, à l'affût d'un témoignage, interrogent des SDF et donnent un billet de cinq dollars pour quelques informations.

Le générique défile, avec ses coups de caméra soulignés par des roulements de batterie et ses ralentis poétiques. Quand on retrouve Simone et Sipowicz, c'est un télé objectif qui les suit dans la rue où une prostituée a été enlevée. Effet de réalisme garanti.

Un témoin a pris le numéro de la voiture dans laquelle la prostituée a été enlevée. Elle était enceinte. Les deux flics pensent avoir retrouvé la trace de la morte.

Au commissariat, Donna reçoit un informateur qui veut de l'argent pour dénoncer un vol. Comme toujours, deux ou trois actions parallèles se croisent. Pendant qu'on interroge cet informateur, on ramène le propriétaire de la voiture qui a transporté la prostituée.

Interrogatoire. La caméra n'arrête pas de trembler et de recadrer l'action, comme s'il s'agissait d'un véritable documentaire. Le montage est sec, rapide. Il y a beaucoup de plans.

Un ami de Sipowicz, Andy, surgit alors. Il s'est fait cogner dessus par son fils, Danny, habitué des hôpitaux psychiatriques, qui devient violent quand il cesse de prendre ses médicaments. Avec le détective James Martinez (Nicholas Turturro), Simone et Sipowicz filent au parc pour capturer Danny. Il est ultraviolent et ils s'y mettent à trois pour le maîtriser et lui passer les menottes. Cette séquence est filmée comme un véritable moment de cinéma vérité.

On revient au commissariat où les deux assassins présumés de la prostituée sont interrogés. On suivra désormais en parallèle, avec un rythme vif qui n'empêche pas les ellipses, l'interrogatoire des deux hommes (on les a séparés, cela fait deux histoires qui se chevauchent), l'affaire de vol avec témoin et les retrouvailles du père et de son fils malade.

Jusqu'au bout de l'épisode, l'émotion du père et la peur des coupables se mélangent. L'épisode se termine comme toujours avant la conclusion véritable des affaires, comme sur un point d'interrogation.

L'un des coupables a dénoncé son complice, les auteurs du vol ont été capturés, le père doit se séparer de son fils. On ne sait pas ce qui leur arrivera, on suit simplement avec tendresse les hésitations du père qui quitte son fils.

On a mordu dans une tranche de vie qui s'achève brutalement. Et on n'a qu'une envie: retrouver au plus vite le prochain épisode.

Nenhum comentário:

Arquivo do blog