sábado, 29 de agosto de 2015

One Plus One

12 OCTOBRE 2006 À 23:39

LOUIS SKORECKI

Entre ce film et moi, il y a un mélange d'attirance et de répulsion. Je ne crois pas à l'existence d'un Godard musicien. Peintre, photographe des passions obliques, oui. Mais son rapport à la musique de Mozart est plus celui d'un prébobo que d'un amateur ou d'un artiste. Ça fait bien dans le salon, le salon des personnages, je veux dire. Comment je le sais ? Il faut me croire sur parole, c'est tout. Mini chaîne, minibar, rien qui ressemble à de la musique dans l'hôtel mental de Godard. C'est de moi que tu parles ?, fait une petite voix. C'est lui, c'est Godard. Oui, je parle de toi. Tu n'y es pas, mec, mon rapport à la musique est léger, aérien, amoureux. Et les Rolling Stones, tu les aimes ?, je demande. Ils me permettent de décrypter l'époque, c'est tout. Mais tu les aimes, oui ou non ? Oui, non, quelle importance, dit Godard. Les Stones avec les Black Panthers, tu exagères quand même, je dis. Ton film est juste un cut up mal fichu. Il est hypnotique , non? demande Godard. Hypno-tics, tu veux dire. Tu m'énerves Skorecki, tu m'énerves. Tu vas parler du film, oui ou non ? Sympathy for the Devil? je demande. J'insiste: ton pacte avec le diable, c'est ça? J'insiste encore: ton rapport avec Patton ? Le général ? dit Godard. Je n'ose pas lui parler du pacte que Charley Patton, le grand chanteur de blues, a passé avec le diable il y a plus d'un siècle. Le blues et Godard, ça doit faire deux. Oui, si tu veux, je lui dis, juste pour ne pas le vexer, le général.

SKORECKI Louis

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