quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Paris Première. 21h. La Bête humaine.

Par Louis SKORECKI — 19 février 1996 à 01:05

Paris Première. 21h. La Bête humaine.

Jean Renoir est un immense cinéaste dont l'une des particularités est d'avoir expérimenté plusieurs fois des styles différents. Au néo-réalisme brut et inédit de Toni, on peut opposer les acteurs maniérés du Carosse d'or, pour ne prendre qu'un seul exemple parmi beaucoup d'autres. Quand Renoir s'attaque en 1938 à l'adaptation du roman d'Emile Zola, la Bête humaine, il en retient tout le naturalisme sauvage et explore encore d'autres rivages cinématographiques.

Un déroulant cite Zola, parlant à propos du héros «des générations d'ivrognes dont il était le sang gâté. Son crâne éclatait sous l'effort, dans cette angoisse d'un homme poussé à des actes où sa volonté n'était pour rien, et dont la cause en lui avait disparu». Une locomotive. Du charbon jeté dans la fournaise de la machine. Les roues. Le bruit assourdissant. Et Jacques Lantier qui conduit sa machine, le visage couvert de suie et de graisse. On reconnaît les traits de Jean Gabin dans sa combinaison de cheminot. A côté de lui, son collègue et ami, joué joliment par Carette.

En parallèle, on fait connaissance avec le chef de gare Roubaud (Fernand Ledoux) et sa très jolie femme Séverine (Simone Simon). Il lui demande de rendre visite à son parrain, Grandmorin, un homme puissant qui peut le protéger d'un voyageur furieux. Lantier profite d'une panne de sa locomotive pour aller voir sa marraine. Dans une scène très recueillie, il discute avec la jeune Flore et essaye de l'embrasser. Elle se laisse faire mais Lantier, pris d'une impulsion sauvage, tente de l'étrangler. Il se ressaisit au bruit d'un train mais refuse de l'épouser comme elle le lui demande. Entretemps, Roubaud a compris que sa femme était la maîtresse du vieux Grandmorin. Il organise un piège dans un train et poignarde le coupable. Le seul témoin est Jacques Lantier. Il ne parle pas par amour et devient l'amant de Séverine. C'est un couple fragile, dans lequel la femme manipule l'homme comme elle le veut. Elle essaye de persuader son amant de tuer son mari mais Roubaud s'en révèle incapable. Il assassine Séverine dans une de ses crises de démence et se jette de sa locomotive. Mort, il a enfin le visage serein.

Louis SKORECKI

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