segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Party Girl

LOUIS SKORECKI 11 DÉCEMBRE 2002 À 02:05

TCM, 18 h 45.

Des Amants de la nuit à We Can't Go Home Again, Ray n'a cessé d'interroger la passion amoureuse sous toutes ses formes, passant du western sentimental (Johnny Guitar) au délire abrahamique (Derrière le miroir). Quant à Party Girl, c'est tout simplement le plus beau film d'amour de l'histoire du cinéma, vingt ans après le premier Elle et Lui, et quelques mois à peine après le panthéisme mélodramatique de la Forêt interdite.

C'est parce que l'amour ne se périme pas, par définition, que rien n'est plus beau que les passions périmées, les pulsions de la dernière chance, les sursauts de la fiction. Les lois du genre, celles du film noir, voudraient évidemment que Party Girl finisse dans la solitude, dans la mort. Mais le genre, Nicholas Ray s'en fout. Son génie, c'est d'aller contre les catégories, contre les impératifs hollywoodiens, contre lui-même s'il le faut.

Mettre le feu à l'histoire, brûler sa carrière, brûler sa vie, c'est son seul programme. Si l'histoire doit se raconter comme ça, c'est comme ça qu'elle se racontera. Entre un avocat véreux et une danseuse de night-club (une «party girl»), qu'est-ce qui peut se passer ? Demander à Lourcelles, comme toujours. «C'est un amour lié à la tendresse, à l'admiration morale.» Et encore ? «Enrichissant le genre d'une dimension perdue, Ray révèle la nature profonde du genre en question, la cruauté et la barbarie monstrueuses qui en sont les fondements essentiels.» Quels adjectifs pour Cyd Charisse, quels mots pour Robert Taylor ? Des banalités, rien que des banalités.

Ne pas oublier les rires de l'ancienne star du théâtre yiddish (David Opatoshu) et les rictus du gangster à l'acide (Lee J. Cobb).

On attendra Exodus, deux ans plus tard (on aurait attendu plus longtemps s'il avait fallu), pour retrouver face à face ces deux frères irréconciliables, le terroriste de l'Irgoun (Opatoshu) et le terroriste de la Hagannah (Cobb). Deux frères à faire pleurer les filles, à faire pleurer les juifs. De vrais personnages de Ray, non ?

SKORECKI Louis

Nenhum comentário:

Arquivo do blog