domingo, 23 de agosto de 2015

Pat Garrett et Billy the Kid

CINECINEMA CLASSIC, 13 h 10.

par Louis SKORECKI

Encore Peckinpah ? Encore Dylan ? Ennui postclassique, minimalisme paresseux, le film ne va nulle part, mais il y va. Il se regarde comme on écouterait une chanson, disons Knockin' On Heaven's Door (attention, on ne la trouve que sur le DVD américain). Quelqu'un frappe pour entrer au paradis, c'est qui ? Qui va ouvrir ? Cette chanson est le pendant cinéma de I Shall Be Released, l'autre hymne de Dylan. Même les interludes instrumentaux du film, d'une pauvreté d'imagination rare, ne se laissent pas oublier. Même les pastiches de musique tex-mex, avec le mot cantina en boucle, rice and beans, tacos, tequila, ne se laissent pas oublier. D'un autre que Dylan, ces pauvres mots auraient été insupportables. En bon plouc du Minnesota, il a toujours adoré la langue de l'étranger, l'espagnol. Se rappeler de Spanish Boots of Spanish Leather. C'était il y a des années, c'était hier.

J'ai fréquenté Dylan assez longtemps (dès 1965, à Newport, à New York, à Los Angeles) pour savoir de quel bois il se chauffait. Il avait 25 ans, j'en avais 22. Il était beau, je n'étais pas mal non plus. Il n'était pas commode. Méchant, sadique, égocentrique, égocentré. Il écrivait mieux que moi. Il chantait mieux aussi. Vingt ans plus tard, quand il a enregistré la bande-son de Pat Garrett et Billy The Kid, il était loin d'être un has been. Même aujourd'hui, il se tient, le vieux con. Surtout quand il s'agenouille au piano pour prier. Knockin' On Heaven's Door, I Shall Be Released, Father of Night, ce sont des prières. Un bandit frappe à la porte du paradis. Il veut entrer. Ces mots-là, ces notes-là ont déjà été chantés par Terry Allen dans Juarez, disque fondateur largement pillé par Dylan. Quelle importance ? Il est la mémoire des medicine shows, des black minstrels. Il réinvente tout à chaque minute. Il est l'objet petit «a» du rock, non ?

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