domingo, 23 de agosto de 2015

Pat Garrett et Billy le Kid (2)

TCM, 19 Heures.

par Louis SKORECKI

Monsieur Edouard déteste Dylan. Je ne veux pas ressembler à ces dylaniens abrutis, dit-il souvent, ils sont vraiment mal habillés. Moi, j'adore Pat Garrett et Billy le Kid mais je n'ouvre pas la bouche de peur qu'il ne me tombe dessus. Tu t'inquiètes pour rien, dit Jacques, monsieur Edouard a changé. Il est juste un peu exalté, dit Caroline comme pour se rassurer. Ça ne lui ressemble pas, ajoute-t-elle en fronçant les sourcils, je l'aimais mieux de mauvaise humeur. Mais non, insiste Jacques, il va bien, il est heureux de la vie, c'est tout. Dès qu'on prononce son nom, c'est étrange, monsieur Edouard arrive au quart de tour. Pat Garrett et Billy le Kid est un film à part, lance-t-il à la cantonade, il ne ressemble ni à Dylan, ni à Peckinpah. Knockin' on Heaven's Door, par exemple, c'est un hymne, une prière. Mais il en a écrit d'autres, des prières, je réponds. I Shall Be Released est une prière pour être délivré du monde, et surtout pas pour sortir de prison, comme le croient ceux qui baragouinent l'anglais.

Dans Pat Garrett, répond monsieur Edouard, c'est encore mieux, c'est un homme qui frappe aux portes du paradis. C'est ce que tu aimes ?, je demande. Quand Dylan fait du Ford, je sais le reconnaître, répond-il. Et Peckinpah ?, je demande. Il est sobre pour une fois, ce n'est déjà pas mal, répond-il. Tu aimes Dylan ?, demande Caroline, incrédule. Oui, répond monsieur Edouard, mais seulement quand il zone dans les cantinas. L'Amérique, c'est le Texas, rien devant, rien derrière, la frontière mexicaine toute proche, les chansons de Townes Van Zandt, de Guy Clark. Et surtout celles de Terry Allen, je dis. Monsieur Edouard sourit, on est sur la même longueur d'onde. Sans Juarez, le premier Terry Allen, conclut-il, la musique de Dylan pour Pat Garrett n'existerait pas. Il a copié, alors ?, je dis. Oui, répond monsieur Edouard. Il a encore raison.

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