quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Pleins feux sur l'assassin. Ciné Cinéfil, 20h30.

Par Louis SKORECKI — 5 décembre 1996 à 03:33

Deux événements majeurs marquent la vie de Georges Franju: la création avec Langlois de la Cinémathèque française et la réalisation d'un chef-d'oeuvre absolu, les Yeux sans visage. D'abord décorateur, ce qui devait influencer manifestement son style plus tard, Franju crée le Cercle du Cinéma en 1935 qui devient l'année suivante la Cinémathèque. Puis il expérimente son style dans une dizaine de courts métrages virtuoses. Le Sang des bêtes est une plongée hallucinante dans l'univers des tueurs d'animaux dont le spectateur ne sort pas indemne. Tous les films du cinéaste auront ensuite ce mélange de cruauté et de transparence qui leur donne un ton si personnel.

Après un premier long métrage poétique et révolté (la Tête contre les murs), Franju signe à 48 ans les Yeux sans visage qui ne ressemble à rien de connu dans le cinéma. On y suit les tentatives infructueuses d'un chirurgien pour réparer le visage défiguré de sa fille. Autant marqué par les documentaires médicaux que par la fantaisie et les déguisements oniriques des films muets de Louis Feuillade, le cinéaste invente une manière de suspense et d'horreur qu'il passera sa vie à explorer. En huit films seulement, Franju renouvelle le style du cinéma primitif qu'il connaît mieux que personne.

En 1961, il tourne son troisième film, Pleins Feux sur l'assassin, d'après un scénario original de Boileau-Narcejac. Si on n'y retrouve pas la perfection glacée de Judex ou des Nuits rouges, on se laisse aller avec plaisir à ses énigmes tordues. Rythmé par une musique entêtante de Maurice Jarre, le film raconte la mort mystérieuse d'un comte fortuné et les péripéties qui opposent ses héritiers. Dans le château familial transformé en cinéma par un son et lumière qui raconte le meurtre d'un amant au XIIIe siècle, les membres de la famille sont assassinés un à un.

Jean-Louis Trintignant et Dany Saval forment un couple adorable de jeunes enquêteurs qui évitent les pièges (oiseaux morts, mirages de la nuit) que le cinéaste place sous leurs pas.

Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog