sábado, 22 de agosto de 2015

Rachel, Rachel

23/02/2005 à 00h41

TCM, 14 heures

SKORECKI Louis

Dans les années d'après-cinéma, qui courent après l'ombre de leur ombre depuis cinquante ans, quelques grands cinéastes agitent les mains pour retenir le vent qui passe.

­ Le vent ? Quel vent ?

­ Celui des moulins. On fait partie du club Don Quichotte, tu ne savais pas ?

­ C'est quoi ?

­ Une association pour préserver la mémoire du cinéma.

­ Une cinémathèque alors ?

­ Non. Un club de péteurs célestes.

­ Il y a qui ?

­ Fassbinder, Stavros Tornes, Luc Moullet, Jean-Claude Brisseau.

­ Et toi ?

­ Et moi.

­ Pour Hollywood, il n'y a personne ?

­ Paul Newman, c'est tout.

­ L'acteur-vinaigrette ?

­ C'est ça. Comment l'un des plus mauvais acteurs hollywoodiens a pu se transformer en cinéaste de génie, c'est un mystère pour moi. En sept films, pas plus, il écrase Cassavetes, Clint Eastwood, Scorsese, tous ces inventeurs du cinéma pour rien.

­ L'entropie, c'est ça ?

­ C'est ça.

­ Pas Paul Newman ?

­ Trois de ses films sont des merveilles absolues. A commencer par Rachel, Rachel, en 1968. Deux ans avant Wanda de Barbara Loden, il réussit l'un des plus beaux portraits de femme de l'histoire du cinéma.

­ Rien que ça ?

­ Oui. C'est à la fois du Tennessee Williams et du Mizoguchi. C'est juste l'histoire d'une femme entre deux âges, jouée du bout des lèvres, du bout du coeur, par Joanne Woodward. Une femme qui hésite une dernière fois entre l'enfance et la vieillesse.

­ Une dernière fois ?

­ Oui. Après, c'est trop tard.

­ Trop tard pour quoi ?

­ Trop tard pour vivre.

­ C'est sur la vie, alors ?

­ Oui.

Nenhum comentário:

Arquivo do blog