sábado, 29 de agosto de 2015

Raining in the Mountain

LOUIS SKORECKI 19 JANVIER 2004 À 22:07

Cinécinéma auteur, 0 h 40.

Imaginer un film bâtard, inclassable. Quelque chose comme Mizoguchi revu par Leone. Pas le Mizoguchi noir et blanc (Une femme dont on parle, la Rue de la honte), plutôt le Mizoguchi en couleurs qui prend ses distances avec le passé : le Héros sacrilège, l'Impératrice Yang Kwei Fei. Il fallait de l'audace pour oser pasticher le lyrisme de ces deux films testaments en forme de calligraphies baroques. Le résultat est inattendu. Comme si Hongkong avait inventé son western-spaghetti, le Mizoguchi-spaghetti.

Et c'est bon ?

A petites doses, oui.

Est-ce que Raining in the Mountain est aussi beau qu'A Touch of Zen ?

Il vient dix ans plus tard, en 1979. A Touch of Zen dure trois heures, il est plus excessif, plus poétique. L'échec du film a presque brisé la carrière de King Hu. Raining in the Mountain est plus modeste, plus drôle. Serge Daney l'adorait, il disait (Libération du 1er août 1986) qu'il le trouvait «archi-jubilatoire». Je suis tout à fait d'accord. Plus Daney est laconique, plus il est précis.

Tu veux dire que ses longs textes sont moins bons ?

Quand il est long, il est souvent moins mordant.

Toi aussi.

J'ai compris, je vais faire court. King Hu est un artiste bourgeois de la Chine communiste. Tu comprends ?

Non.

Il vient d'une famille traditionaliste de Pékin. Il n'est parti pour Hongkong qu'en 1949, à 18 ans. C'est un auteur complet, acteur, monteur, directeur artistique, producteur, réalisateur. En bon paranoïaque, ce qu'il aime, ce sont les complots. Il s'agit de savoir ici qui succédera au grand maître du monastère.

Et lui, c'est un grand maître ?

Non.

- Et pour Rissient ?

- Pour Rissient, peut-être.

SKORECKI Louis

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