segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Rebecca (2)

Cinecinema Classic, 7 h 40

Par Louis SKORECKI

Oublier qu'Hitchcock est anglais serait pire qu'un crime, ce serait une faute de goût. Oublier que Rebecca, son premier film hollywoodien, est sorti en pleine guerre (en 1940), serait une bêtise. Oublier que quinze ans plus tard, Hitchcock sera l'un des héros de la télé, ce serait n'y rien comprendre. Avant de se faire connaître à la télévision, et nulle part ailleurs (c'est elle qui l'a inventé, n'oubliez pas ça, crétins du troisième rang qui n'aimez que le cinéma sur papier glacé), il a été l'homme d'un seul film, un film anglais, son plus beau, les 39 marches (1935), le seul à être hors temps, hors genre, c'est-à-dire absolument libre, avec ce rare sentiment de légèreté et d'improvisation presque poétique, après lequel les plus grands (Charlot, Ford, Renoir), n'ont jamais cessé de courir.

Où passent les fantômes quand ils ont passé le pont ? Ils font l'acteur dans les films post-expressionistes du maître. A la jonction de Murnau, Lang, Tourneur, Hitch s'invente une légèreté fatale et meurtrière, dans ce film selznickien, adapté de la même Daphné du Maurier qui lui inspirera les Oiseaux. Les acteurs, comme toujours chez Hitchcock, ont une allure folle. Laurence Olivier, Joan Fontaine, George Sanders, Judith Anderson, pour ne parler que d'eux, sont d'une subtilité presque mizoguchienne.

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