segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Rebecca

1 DÉCEMBRE 2006 À 00:19

Oublier qu'Hitchcock est anglais serait un crime. Pire : une faute de goût. Rebecca est en 1940 le premier Hitchcock fabriqué à Hollywood, quelques mois avant le superbe Correspondant 17 dont on reparlera dans huit jours. Oublier que, quinze ans plus tard, il sera un homme de télévision, l'un des tout premiers, c'est encore pire. Oublier ça, c'est se résoudre à n'y rien comprendre. Avant de se faire connaître à la télé (et nulle part ailleurs), Hitchcock a été l'homme d'un chef-d'oeuvre absolu, anglais, peut-être son plus beau film, les 39 Marches (1935), le seul de ses films à être hors genre, c'est-à-dire absolument libre, presque improvisé dans sa légèreté poétique.

Où passent les fantômes quand ils ont passé le pont ? Ils font l'acteur dans les films postexpressionnistes du maître. A la jonction du Fritz Lang allemand et du Tourneur américain, Hitchcock s'invente une légèreté trouble, fatale, assassine, celle de ce film immaculé et selznickien, adapté de Daphné du Maurier (les Oiseaux), sur une musique sublime de Franz Waxman et une photo translucide de George Barnes. Les acteurs, Laurence Olivier, Joan Fontaine, George Sanders, Judith Anderson, sont admirables de nuance et de romantisme. A vous de voir si vous voulez y mettre un doigt ou deux, rien que pour voir si c'est humide. A mon avis, oui.

(A suivre)

SKORECKI Louis

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