quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Rita Hayworth et Cary Grant dans le dangereux univers d'Howard Hawks avec ""Seuls les anges ont des ailes""

Par Louis SKORECKI — 9 février 1995 à 01:19

HOWARD HAWKS est aujourd'hui considéré comme l'un des auteurs majeurs de la grande époque hollywoodienne, mais il n'en a pas été toujours ainsi. Quand il réalise Seuls les anges ont des ailes en 1939, on pense plutôt à lui comme à un honnête technicien, alors qu'il est déjà en train de prouver son génie.

L'action se passe à Barranca, un petit port bananier d'Amérique du Sud. La chorus girl Bonnie Lee, jouée très virilement par Jean Arthur, y fait escale pour quelques heures. Elle se lie d'amitié avec un pilote d'avion qui prend trop de risques pour elle et s'écrase. C'est alors qu'apparaît Geoff Carter, le patron de cette petite compagnie d'aviation, interprété avec un misogynisme hautain par Cary Grant.

Comment l'amour peut-il naître entre ces deux personnages si différents? Tout l'art de Hawks consiste d'emblée à opposer le garçon manqué et le macho cynique avec un sérieux tellement raide qu'il en devient presque comique.

La situation se complique avec l'arrivée de la belle Rita Hayworth (c'est son premier rôle important) qui joue la seule femme que Cary Grant ait jadis aimée. Son mari (Richard Barthelmess) doit prouver son courage car il a dans le passé laissé périr son copilote. On est dans l'univers hawksien du risque et de l'amitié virile, un univers dans lequel les femmes doivent se déguiser en hommes pour les conquérir.

La phrase la plus révélatrice, dans ce monde où le danger et la mort sont au rendez-vous, c'est Jean Arthur qui la prononce devant le meilleur ami de Cary Grant: «Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas l'aimer comme toi?»

Louis SKORECKI

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