domingo, 23 de agosto de 2015

Sailor et Lula. Cinestar 1, 21 h 30.

14/05/1999 à 01h01

SKORECKI Louis

Malin comme un singe, Lynch? A en juger par l'expérimentalisme ahuri d'Eraserhead, l'humanisme trompeur d'Elephant Man, le classicisme effronté de Blue Velvet, la crétinerie militante de Dune, la galanterie gore de Twin Peaks, l'un des feuilletons télé les plus idiots du siècle avec X-Files (charlatans alternatifs, voyantes LSD, fusions world hallucinogènes, champignons néosurréalistes"), le bonhomme sait creuser son sillon populiste et auteuriste à la fois. N'hésitant pa à «emprunter» le titre de son dernier navet, Lost Highway, au plus beau livre rock américain (signé Peter Guralnick, connu ces dernières années pour Last Train to Memphis, monumentale biographie d'Elvis Presley en attente de traduction), c'est le cinéaste de l'emphase, de l'affect, de la citation surtout. Fétichiste et caméléon, il sait se déguiser comme personne, babriotant sans fin ses bribes d'aphasie populiste ou mannequin. Sailor et Lula, pas plus couillon qu'un autre Lynch, s'immisce en douce dans une histoire sentimentalo-mafieuse, têtes d'affiche étoilées en tête, Nicolas Cage à l'époque où il avait encore deux ou trois cheveux, Willem Dafoe, déjà grinçant, déjà strasbergisé, déjà beau, déjà nul. Sans oublier Laura Dern, Diane Ladd, Isabella Rossellini aussi, Isabella Rossellini surtout, cette femme étrange qui a hérité l'intelligence de sa mère (Ingrid Bergman) et la beauté catholique de son père (Roberto Rossellini). En bonus, Harry Dean Stanton, loser sublime, réincarnation livide et squelettique de Robert Mitchum, dont il a la placidité statuaire, les rictus immobiles, la lourdeur légère. Du coup, sans la chercher particulièrement, on se prend en pleine gueule la seule parenté crédible du cinéma de David Lynch, le road-movisme sinistre de Wim Wenders, période bleue, période Paris, Texas, période Harry Dean Stanton, précisément.

Un accessoire a marqué les groupies de Sailor et Lula, une veste fillette en serpent certifié, fétiche du pire Marlon Brando, acteur emblématique dont le neveu de Coppola cherche, à travers les pires tics Actor's Studio, la filiation à jamais impossible.

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