segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Saludos hombre

LOUIS SKORECKI 13 MARS 2001 À 00:01

Canal + Bleu, 18 h 30.

Sans être des chefs-d'oeuvre, les westerns-spaghettis gauchistes de Sergio Sollima appartiennent à une époque heureuse (1967-1968) où l'utopie marxiste et libertaire se paraît d'attraits moins désabusés et surtout moins saignants. Ils ont une légèreté baroque et une pêche que les séries B américaines n'avaient plus depuis longtemps. C'est la crème du cinéma bis, une façon joyeuse de dynamiter les codes du classicisme qu'on chercherait en vain chez l'autre Sergio, celui qui masque le génie modeste de Sollima, Sergio Leone (ou chez Peckinpah, le sous-spaghetti hollywoodien). Si on n'applaudit pas toujours à la vogue de ces nanars (qui semble relayer, ici et là, une promotion auteuriste du cinéma), on doit rendre grâce à Jean-Pierre Dionnet de dénicher parfois, au milieu des sombres kitscheries qu'il déverse par kilos sur Canal +, quelques joyaux: cinq Sollima en quelques jours, c'est pas mal, d'autant que figurent en avant-poste Colorado (qu'on peut rattraper demain à 20 h 40 sur Canal + Bleu) et Saludos Hombre, deuxième volet de sa formidable trilogie spaghetti (pour le Dernier face-à-face, peut-être le plus beau des trois, on attendra).

C'est quoi Sollima? Une exaltation tous azimuts des paumés, des héros prolétariens, des justiciers minuscules, une quête lyrique du slogan et du dérisoire qu'il poursuivra à la télévision à partir de 1976, adaptant en tranches horaires rythmées et réjouissantes les aventures de son corsaire nationaliste, Sandokan, dont il venait de faire le héros de trois longs métrages. Mais rien n'atteint dans son oeuvre de vulgarisation dialectique les aventures picaresques du jeune paysan mexicain Cuchilio (Tomas Milian), héros de Colorado et de sa suite, Saludos Hombre. Comme dans tous les westerns-spaghettis, quelques stars hollywoodiennes de second plan (Lee Van Cleef dans Colorado, John Ireland dans Saludos hombre) tentent d'installer un zeste de mythologies crédibles. On est au pays du cinéma, un pays où les temps changent, où les perdants deviennent les gagnants, où l'utopie devient peut-être possible. Même le gruissement de Tomas Milian a du bon.

SKORECKI Louis

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