segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Saludos Hombre

LOUIS SKORECKI 22 JUIN 2004 À 01:09

Canal + Cinéma, 18 h 20.

Ce film a fait rêver une génération. Il faut dire qu'il bénéficiait au moment de sa sortie (1969) des grandes salles populaires, ces salles de Jaurès ou de Belleville où les spectateurs surexcités soutenaient le héros et sifflaient le méchant, sans que des cinéphiles cul-serré leur crient de se taire.

ça n'existe plus, des salles comme ça.

Dans les banlieues du Caire ou d'Oran, avec les films hindi et les karatés de Hongkong, c'est toujours pareil. Dans ces salles-là, où on recherche la recette perdue des westerns de Ford ou de Walsh, les Sollima passent encore, je te jure.

C'est qui Sollima ?

Le Sergio Leone noir, le Sergio Leone politique.

ça veut dire quoi ?

Son cinéma se situe toujours du côté des opprimés.

ça veut dire quoi ?

Il faisait des westerns-spaghettis crypto-marxistes. Avec des acteurs splendides et oubliés, Tomas Milian, Gian Maria Volonte, Klaus Kinski (ne pas rater la merveilleuse édition DVD d'El Chuncho sur Wild Side).

ça veut dire quoi crypto-marxiste ?

Tu ne connais pas la trilogie gauchiste de Sollima ? Saludos Hombre est le dernier volet. Avant, il y a eu Colorado, en 1967, et le Dernier Face-A-Face, qui sort pile en Mai 68.

Jamais vu ça.

C'est un gauchiste fou, Sollima, un anar. Son problème, c'est qu'il n'a pas tenu la distance. Avec Sandokan, sa série télé tiers-mondiste (qui a pourtant beaucoup d'allure), c'est déjà le début de la fin.

Pourquoi ?

Le cinéma n'est pas fait pour libérer les masses.

Il est fait pour quoi ?

Pour les endormir, couillon.

Tu me déprimes.

Mais tu n'es pas une masse populaire.

Je suis quoi, alors ?

Un squatteur petit-bourgeois.

Pourquoi squatteur ?

Qu'est-ce que tu fous dans la chronique de Skorecki ?

SKORECKI Louis

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