segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Scarface

23/11/2006 à 00h11

CINéCINéMA AUTEUR, 8 h 50.

SKORECKI Louis

Plus on refait les films, plus ils se défont. Vous voyez ? Non. Peu de gens voient ce que je veux dire. Moi-même, il y a des jours où je n'y vois rien. A ce que je veux dire, je veux dire. Pour refaire, on dit remake. Si je disais ça, c'est rapport au statut culte (en banlieue et chez les bobos friqués) du navet cocaïné et obèse du gros De Palma. Si je dis «gros», n'allez pas y voir une plaisanterie sur sa surcharge pondérale. Il est gros dans sa tête, De Palma. Gros d'avoir trop avalé de glaces au parfum Hitchcock (maigre dans sa tête, celui-là, comme James Stewart). Etre voyeur, au cinéma, ça ne se décide pas comme ça. Il faut de grands acteurs, de vrais exhibitionnistes, devant la caméra.

Voici le Scarface blanc de Hawks (petite bite, grand talent), et pas le remake afro-cubain Actors Studio du barbu de Hollywood. Pas de voyeurisme chez Hawks, juste des acteurs rieurs qui s'épient du coin de l'oeil en jouant les tragiques avec la légèreté d'une bande de biches.

Un poil de plus et c'était des folles tordues, surtout George Raft, qui en était une, au civil, de folle. Il excelle au contraire en dignité silencieuse, légèreté muette, et expressionnisme gracieux. Les autres (Paul Muni, Boris Karloff, Vince Barnett) sont des brutes analphabètes, calquées par Hawks et Ben Hecht (aux dialogues) sur les Borgia. Le film est sec, décontracté, distant, moderne. En 1931, fallait le faire.

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