quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

«Simon du désert» : Simon, pêcheur confronté à d'obscurs objets du désir

Par Louis SKORECKI — 17 avril 1995 à 02:59

A 28 ans, Luis Bunuel commence son immense carrière de cinéaste, par le fulgurant Un chien andalou. Dans les vingt dernières années de sa vie, il élabore un cinéma plus modeste, refermé sur lui-même comme une huître. Après Simon du désert qu'il signe en 1965, c'est Belle de jour (1966), la Voie lactée (1969), Tristana (1970), le Charme discret de la bourgeoisie (1972), le Fantôme de la liberté (1974) et enfin Cet obscur objet du désir en 1977. Luis Bunuel meurt en 1983. Il a 83 ans.

Simon du désert est un film pince-sans-rire qui raconte, en quarante-cinq minutes serrées, la vie d'un adepte de Siméon le Stylite qui a décidé de passer sa vie sur une colonne. Quand le film commence, les habitants des environs offrent à Simon une colonne toute neuve pour qu'il puisse y méditer. Simon, joué avec un expressionnisme hagard par Claudio Brook, descend péniblement de son ancienne colonne, se fait bénir, refuse d'être ordonné prêtre («Je suis un pêcheur») et monte sur sa nouvelle colonne.

Le film raconte la vie de pénitence de Simon, qui mange trois feuilles de salade pour tout repas, et les tentations du Diable pour le faire descendre de sa colonne. C'est à chaque fois la belle Silvia Pinal, grimée en petite fille ou en prêtre barbu, qui essaie de le tenter. On ne saura jamais si le Diable réussit à séduire Simon, parce que Bunuel nous embarque à New York avec un Simon qui résiste encore faiblement à la femme par un «Vade retro Satanas!»

Louis SKORECKI

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