sábado, 29 de agosto de 2015

Sous le soleil de Satan

27/02/2004 à 23h27

Cinécinéma auteur, 22 h 20

SKORECKI Louis

S'il ne fallait retenir qu'un film de Pialat, ce ne serait ni la Maison des bois (malgré Pierre Doris), ni la Gueule ouverte, ni l'Enfance nue, ni Passe ton bac d'abord (malgré cette légèreté godardienne, si rare chez Pialat). Ce serait Sous le soleil de Satan. Ce film-là, c'est une merveille, un chef-d'oeuvre, un point c'est tout. Inégal, rageur, sublime. On ne peut pas s'en passer.

­ Ah bon ?

­ Tu peux te passer de Dieu, de sa présence, de son rayonnement ?

­ Je ne crois pas en Dieu.

­ Tu peux te passer du soleil ? Tu peux te passer de l'air ?

­ Ben non.

­ Et du cinéma ?

­ Ben non.

­ Ce Pialat-là, c'est «le cinéma», c'est même l'air qui circule encore dans «le cinéma».

­ L'air de quoi ?

­ L'air du «cinéma».

­ Encore des guillemets.

­ Pialat, il est bien entre guillemets, non ?

­ ????!!!!????

­Jean-Christophe Bouvet, tu vois qui c'est ?

­ C'est le diable.

­ Le temps de ce film, Sous le soleil de Satan, c'est vraiment le plus grand acteur du monde. Un jour, j'ai écrit ça. Quelques mois plus tard, Godard le prenait comme acteur.

­ A cause de toi ?

­ Oui.

­ Et ça prouve quoi ?

­ Ça prouve que Godard me lit, ce qui n'est déjà pas si mal.

­ Et Sous le soleil de Satan ?

­ Un film d'acteur. Pialat est bon, Depardieu est excellent, Bouvet est génial. C'est un film qui se signe entre deux silences.

­ Tu veux dire quand un ange passe, c'est ça ?

­ C'est ça.

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