terça-feira, 25 de agosto de 2015

The Blues Brothers. France 2, 23h10.

23/09/1997 à 08h39

SKORECKI Louis

Féru de vieux films kitsch tout autant qu'amateur de soul music speedée, John Landis a su concilier ses deux amours en jolies fictions recyclées à peine naïves. D'un côté The Blues Brothers, de l'autre Dream On, deux réussites à la fois commerciales, artistiques et éthiques (lire à ce propos L'éthique, joli petit livre savant d'Alain Badiou, ex-mao encore exalté au souvenir de la Grande Révolution Culturelle Chinoise). En ce qui concerne Dream On, les lecteurs câblo-satellisés savent depuis des années que Landis y a inventé, presque en direct, un art pointu de la citation noir et blanc ­ autant de bribes de fictions cultes ou ringardes avec autant de clones de Ronald Reagan (la pub a bien recyclé ça depuis). Dans Dream On, on est aussi dans cette cinéphilie poisseuse et dragueuse de drive in pourri, une même ciné-mémoire qu'un autre ciné-fils a bien recyclée, ce Steven Spielberg pour qui Landis écrivit 1941, son seul film honnête à ce jour ­ l'Amérique envahie par les Japonais, gagnants hypothétiques de la Seconde guerre mondiale (1). The Blues Brothers est d'autant plus attachant qu'il rend un digne hommage aux racines de la musique noire américaine, depuis le gospel (James Brown est génial en curé chantant, Aretha Franklin, futée, ne jure plus que par Landis pour ses clips, même avec le même peignoir rose saumon sur ses formes généreuses) jusqu'au blues (le ringard John Lee Hooker en chanteur des rues, l'aveugle Ray Charles en revendeur de saxos pour musiciens nécessiteux), en passant par Cab Calloway, préhistoire swinguante du jazz chantant.

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