segunda-feira, 31 de agosto de 2015

The Chapman Report (Les Liaisons coupables)

TCM, 20h45.

SKORECKI Louis

George Cukor, folle tordue, folle méchante, était un formidable cinéaste. Formidable attaché de presse aussi, puisqu'il a lui-même convaincu la presse cinéma de son excellence dans l'art de diriger les femmes. Cukor, le plus grand directeur d'actrices de l'histoire du cinéma? Renoir ou Mizoguchi s'y prennent avec mille fois plus de grâce, de respect, de subtilité. On comprend pourquoi le métier d'attaché de presse (là-bas, c'est plus clair, on dit publicity department) a été inventé à Hollywood. Pour faire croire que Rock Hudson changeait de petite amie à chaque saison, il fallait avoir vraiment de la persuasion. On ne sait même pas aujourd'hui, quinze ans après sa mort des suites du sida, s'il réservait à des garçons gras ou plutôt maigres, jeunes, vieux, beaux, violents, gentils, ses ardeurs de banana man. De Cukor, on peut dire deux ou trois choses quand même. D'abord, il était acariâtre et prétentieux, se moquant par exemple ouvertement devant quelques invités hollywoodiens du «pauvre Nicholas Ray», qui avait eu le mauvais goût, disait-il, de filmer la strip-teaseuse Gypsy Rose Lee. Preminger, cinéaste autrement talentueux, ne dédaigna pas faire un enfant à cette Gypsy Rose Lee. Il l'aima même en secret, des années avant que Nicholas Ray, cinéaste dont le simple nom ridiculise tous les maniérismes cukoriens, ne lui donne un rôle, un tout petit rôle, dans la Forêt interdite, film plus sincère et original que l'oeuvre complète de l'auteur de My Fair Lady. Un bon Cukor, pour changer. Avec The Chapman Report (Liaisons coupables, 1962), il connut pourtant la même risée, les mêmes moqueries qu'il employait vis-à-vis de Nicholas Ray. Il faut dire que le sujet, une variation lourdingue sur les statistiques sexuelles du rapport Kinsey, ne fait pas dans la dentelle. Il y a pourtant là une poignée d'actrices hystériquement à côté de la plaque (Jane Fonda, Shelley Winters, Glynis Johns), qui savent parfaitement leur texte et ses nuances, même quand Cukor oublie de les diriger. Une mention spéciale à Claire Bloom, presque aussi émouvante que dans le Limelight de Chaplin, dix ans plus tôt.

Et aussi. Antigone cow-girl, Sharon Stone dans Mort ou vif (1995), western semi-parodique de Sam Raimi (France 3, 20 h 55). Toubib compréhensif, Albert Dupontel dans la Maladie de Sachs (1999), un Deville sans chichis (Canal +, 20 h 40). Intelligemment, Brian de Palma revisite le film de guerre du Viêt-nam dans Outrages (1989) (France 2, 23 h 05).

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