segunda-feira, 31 de agosto de 2015

The Lusty Men

TCM, 23 heures

Par Louis SKORECKI

On les dit Indomptables en VF. Je préfère les appeler des hommes forts, des costauds. Sans oublier le joli jeu de mot sur «lust», la concupiscence, l'envie. Le jeune homme (Arthur Kennedy) envie l'aîné (Robert Mitchum, dans l'un des meilleurs rôles), champion de rodéo vieillissant qui se meurt de désir pour la femme du jeunot (Susan Hayward). Tout rentrera dans l'ordre. Tout rentre toujours dans l'ordre à la fin. C'est un beau film du jeune Nicholas Ray, un film sec, sensuel, fébrile, concupiscent. Aussi loin que je remonte, je l'ai aimé. Entre lui et moi, un rodéo intime s'est installé depuis longtemps. J'étais jeune, le film avait dix ou douze ans de plus que moi.

C'est en 1952 que tu es né ? je lui demande. Le film me regarde droit dans les yeux. Comment tu sais ça ? Par Lourcelles, je dis. C'est qui ? Un homme qui écrit sur les films. Sur moi, il a dit quoi ? Ah non, tu rougirais. Je t'en prie, dis-moi, insiste le film. J'ouvre le Lourcelles. Ce qu'il dit de The Lusty Men est si beau que c'est moi qui rougis. Le film me voit rougir, il s'étonne. Il parle de toi, Lourcelles ? Pas du tout, je dis. Pourquoi tu rougis alors ? C'est difficile à expliquer. Essaye quand même, dit le film. Il dit que tu es lyrique et intimiste. Et encore ? Il parle du monde nomade et factice, du rodéo, de l'errance, du désenchantement, du devenir étranger à soi-même. Et encore ? Il parle de lumière crépusculaire mais non désespérée. Ça, c'est tout moi, dit le film. Tu pleures ? je demande. Oui, répond le film.

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