quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Thelonious Monk

Par Louis SKORECKI — 22 juin 1995 à 06:00

Paris Première, 23h05

La Fête de la musique continue sur Paris Première avec une aubaine, Straight no Chaser (1988) traduit tout simplement en français par Thelonious Monk, héros de cette ciné-biographie qui se regarde comme un film de suspense. Produite par Bruce Ricker et Clint Eastwood, c'est une belle somme de documents inédits, organisés de main de maître par la réalisatrice Charlotte Zwerin. Dès les premières images (Thelonious qui danse en tournant sur lui même pendant Evidence), on sent que ce film de montage va nous amener au plus près de ce très grand pianiste de jazz, inventeur avec Charlie Parker et Dizzie Gillespie de la révolution be-bop. On le suit dans ses mélodies dissonantes et heurtées, on admire les chapeaux luisants et les bonnets qu'il affectionne, on l'écoute admettre que ses maîtres sont Fats Waller, Art Tatum, Duke Ellington.

Sur Rhythm-a-ning, on suit son corps lourd qui pèse sur le piano. Et puis c'est son morceau le plus célèbre, le magnifique Round Midnight dans lequel Charlie Rouse prend un beau solo de saxophone. Tout en écoutant la musique de Monk et en suivant les danses ivres qu'il affectionne, on apprend les histoires de sa vie, son arrestation pour possession de drogue dans les années 50 alors que Bud Powell était le coupable mais qui lui vaudra quand même quatre-vingt-dix jours de prison, ses rapports avec Count Basie, John Coltrane. Le plus émouvant est le double portrait de sa femme, Nellie, qui s'occupe de lui comme un enfant, et de la baronne Nica de Koenigswater qui sera son amie et sa muse jusqu'à son dernier souffle.

Louis SKORECKI

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