quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

TMC, samedi, 20h35, «les Ailes du destin». Feuilleton. Une famille américaine en blanc et noir.

Par Louis SKORECKI — 6 avril 1996 à 04:31

TMC, samedi, 20h35, «les Ailes du destin». Feuilleton. Une famille américaine en blanc et noir.

En racontant la vie d'une famille blanche dans le sud des Etats-Unis à la fin des années 50, les Ailes du destin, série très joliment filmée, s'applique principalement à raconter la coexistence difficile des Noirs et des Blancs dans cette période troublée de l'histoire américaine.

Le décor est une petite ville imaginaire, Bryland, où vit la famille Bedford. Le père de famille, Forrest Bedford, joué avec une maîtrise distante par l'excellent Sam Waterston, fait campagne pour devenir avocat général. Sa femme est depuis deux ans dans un asile psychiatrique et la nouvelle bonne, Lilly Harper (Regina Taylor), doit conquérir peu à peu les membres de la famille. Lilly est noire et, en tant que telle, elle représente un mystère pour cette famille blanche. Forrest a trois enfants, un gamin de 6 ans, John Morgan (John Aaron Bennett), une fille de 13 ans, Francie (Ashlee Levitch), et un grand fils de 15 ans, Nathan (Jeremy London).

Nous nous approchons en douceur de la belle maison des Bedford, guidés par la voix off de Lilly. Elle songe qu'elle est sur le point d'avoir 30 ans tandis qu'elle se promène avec sa petite fille Adlaine (Rae'Ven Kelly). C'est l'occasion pour John Morgan de découvrir que Lilly a une famille. Il joue pour la première fois de sa vie avec une fillette noire de son âge. Jolis moments, sous le soleil de printemps, où le garçon et la fillette oublient la couleur de leur peau pour discuter de sauterelles géantes.

Pendant ce temps, Forrest Bedford est en campagne. Darren Snyder (Tom Nowicki) l'aide à répondre aux questions de la presse concernant sa femme internée. Il doit aussi s'expliquer, avec prudence, sur la question de la peine de mort pour les Noirs. On devine que sa position est celle d'un libéral.

Au lycée, un événement divise les membres de l'équipe de lutte. Le coach vient en effet d'engager Robert Evans, un jeune Noir. L'ami de Nathan Bedford, Paul Slocum (Peter Simmons), refuse de «transpirer sur le même tapis qu'un Nègre» et il est renvoyé de l'équipe. Le coach leur parle des grands champions africains et des valeureux rois d'Ethiopie mais le nouveau venu est tenu à l'écart. Forrest Bedford, quant à lui, se contente de dire à son fils que les lois sont lentes à évoluer pour qu'il accepte le nouveau joueur.

A l'entraînement, de longs silences précèdent le premier corps à corps entre un élève blanc et un élève noir. C'est Nathan qui est choisi pour lutter avec Robert. Un suspense poétique parcourt la scène. Plus tard, Nathan racontera à sa soeur que la peau d'un Noir est pareille au toucher à celle d'un Blanc mais que ses gencives sont bleues. Au même moment, Lilly fait la fête chez elle, avec ses amis et sa famille. On danse au son d'un vieil air de rhythm and blues. Le petit John Morgan ne comprend pas que Lilly ait pris une journée de congé, il voulait faire la fête avec elle. On suit simultanément trois aventures, la campagne politique du père, les émois sportifs du fils, l'amour spontané du gamin pour sa nounou noire.

Le soir, Lilly monte un gâteau dans la chambre de John Morgan. Le gamin qui boudait à cause de l'absence de sa nounou se réconcilie avec elle.

Sans tenir de beaux discours, les Ailes du destin, produites par Joshua Brand et John Falsey pour Lorimar en 1991, racontent ainsi, à pas feutrés et en images songeuses, la lente maturation d'un peuple vers la démocratie et l'égalité.

Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog