quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Trois styles pour un même film ou la virtuosité de Jean Renoir : ""La grande illusion""

11/01/1995 à 00h25

SKORECKI Louis

Jean Renoir est sans aucun doute le plus grand cinéaste français mais sa renommée ne s'est établie que sur deux ou trois films. Le plus célèbre est sûrement la Grande illusion, l'un des films français les plus populaires de l'histoire du cinéma. Un film dont la complexité justifie largement plusieurs visions.

Tourné en 1937, il se passe pendant la guerre de 1914-1918. Erich von Stroheim, qui joue l'officier allemand von Rauffenstein, invite à sa table les deux Français qui étaient à bord de l'avion qu'il vient de descendre: Jean Gabin joue le lieutenant Maréchal et Pierre Fresnay, le capitaine de Boïeldieu. Entre les deux aristocrates, une amitié spontanée se noue. Elle ne se démentira jamais.

Dans un premier camp de prisonniers, Gabin et Fresnay ne réussissent pas à s'enfuir. Avec Modot, Carette, Dalio, une fête travestie est organisée. Dans un deuxième camp, Gabin et Fresnay retrouvent von Stroheim, blessé, diminué. Dalio et Gabin s'enfuieront grâce au sacrifice de Fresnay. La troisième partie du film raconte la vie des deux évadés chez une paysanne allemande, Elsa, jouée par Dita Parlo.

Ce qui est fabuleux dans la Grande illusion, c'est la virtuosité folle de Jean Renoir, qui réussit à tourner chacune des trois parties du film dans un style différent. Au début, il joue d'une multitude de personnages familiers qu'il réunit avec un plaisir évident dans le déguisement et la fête. La seconde partie, dans la forteresse que dirige von Stroheim, est plus stylisée, plus dramatique.

La dernière partie, apaisée, parle d'amour et de beauté. On se quitte sur l'espoir d'une relation pacifique entre les peuples. Deux ans après le film, la guerre est déclarée.

Louis SKORECKI

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