segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Une auberge à Tokyo. Arte, 00h10, film.

09/10/1997 à 11h36

SKORECKI Louis

Adoré par Duras (qui a su déceler en lui un Tati triste), Ozu s'impose aujourd'hui avec une bouleversante modernité, un art de la raréfaction rare, une stylisation maniériste à la Michael Powell (génial inspirateur du très beau Voyage de Martin Scorsese au pays du cinéma, tout juste paru aux Cahiers du cinéma). Là où Mizoguchi ne cesse de déconcerter avec ses glissades trop érotiques pour notre époque trop prude et trop démocrate, Ozu impose une belle radicalité fictionnelle, sèche et dynamique, à la Michel Jobert un peu jobard pourrait-on dire (ou léotardienne, dans les deux sens du mot, l'acteur ruiné autant que le politique roublard). Plus moderne qu'Ozu, il n'y a pas. Extraordinaire dans ses muets hardis et ses premiers parlants audacieux, Ozu s'est forgé une belle image de marque presque «télévisuelle» qui a su séduire des ciné-frimeurs comme Wenders, qui lui consacra l'un de ses seuls films dignes. Une auberge à Tokyo rappelle opportunément aux oublieux que, même tardivement privé de la parole (1935), Ozu sait enluminer son néo-réalisme à la Toni, lui insufflant ces vertus sacrificielles et enfantines qui font du fonds religieux japonais le proche parent masochiste du christianisme le plus meurtri.

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