quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

«Urga», un poème lyrique sur la steppe mongole signé Mikhalkov

30/01/1995 à 23h51

SKORECKI Louis

Arte, 20h40, film

Nikita Mikhalkov fait partie, avec son demi-frère Mikhalkov-Kontchalovski, des cinéastes russes qui ont pu tourner avec une relative liberté depuis une vingtaine d'années. Tous les deux très doués et issus d'une famille d'artistes, ils font un cinéma assez occidentalisé, qui s'est penché avec passion sur les mécanismes de la société soviétique.

En 1991, Mikhalkov va se perdre dans l'immense steppe mongole pour tourner Urga. Le titre désigne la longue lance, équipée d'une sorte de lasso, avec laquelle les Mongols attrapent les chevaux. Mais si l'on passe aux alentours de ces grandes tentes qu'on appelle des yourtes et qu'on voit un urga planté dans le sol, celà signifie aussi qu'il faut laisser tranquille un couple qui est en train de faire l'amour.

La scène d'introduction montre un homme voilé à cheval qui rejoint et attrape une femme, à cheval elle aussi. L'homme s'appelle Gombo, la femme Pagma. Plus tard, elle lui rappellera qu'ils n'ont pas le droit d'avoir un enfant de plus: ils en ont déjà trois et le maximum autorisé est de deux.

Urga raconte l'histoire de la tentative infructueuse de Gombo pour ramener des préservatifs de la ville comme le lui demande sa femme et leur rencontre avec un Russe nostalgique nommé Sergueï. On assiste à des ballets dans la steppe vallonnée, avec un air d'accordéon qui vient trouer le silence. L'amitié qui s'installe entre le Russe exilé et le nomade mongol sont prétextes à de longues scènes champêtres, transfigurées par la boisson. Mais Urga est surtout le poème lyrique de la vie dans la steppe avant que la «civilisation» ne la rattrape.

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