segunda-feira, 24 de agosto de 2015

Whirlpool (2)

CINECINEMA CLASSIC, 23 h 20.

par Louis SKORECKI

Rêver sa vie, c'est l'une des définitions possible du cinéma. Il s'agit bien de cela dans ce second volet des aventures de Gene Tierney et d'Otto Preminger. Comment une belle endormie retombera-t-elle sur ses pattes, les pattes du réel, prise qu'elle est entre les griffes d'un faussaire (un hypnotiseur) et celles d'un amoureux (son mari). Le mari est psychanalyste, il rend sa femme malade à force de ne pas consentir à voir qui elle est. C'est une voleuse compulsive (comme le sera Tippi Hedren, des années plus tard, dans Marnie), mais le scénario du film se complique du fait que le mari, qui a toutes les clés pour déchiffrer sa maladie, ne cesse de les mettre dans de mauvaises serrures. Entre l'ombre d'un père autoritaire (un milliardaire qui la privait de tout) et ce père de substitution qui ne fait que des impairs, Gene Tierney s'affole. Disons que l'un-père fout sa fille dans de sales draps.

Comment s'en sortir ? Whirlpool raconte un amour sous influence, sous surveillance. Deux hommes aiment la même femme (on devrait mettre le mot «amour» entre guillemets), ils l'utilisent égoïstement, à leurs fins, d'une manière au fond tout à fait semblable. Comment se sortir de ce double piège ? Sachant que la fascination des premiers Preminger repose sur l'hypnose consentie ­ celle du spectateur ­, comment imaginer une femme sortir sans regrets de ce piège-là ? Comment peut-elle lâcher un amant imaginaire, aussi retors et séduisant que José Ferrer («grand manipulateur d'âmes et de volonté», comme le dit Lourcelles), pour un mari, Richard Conte, d'une raideur presque comique ? Rappeler que Gene Tierney a ensorcelé les surréalistes tardifs et les rêveurs impénitents, mais qu'elle n'a jamais aimé que des princes charmants. Elle savait bien qu'ils l'abandonneraient un jour. Le problème est ardu. Comment s'en sortir? Vous avez jusqu'à mercredi pour y réfléchir.

(A suivre)

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