quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

A Tokyo, une famille se meurt de la solitude. ""Le Crépuscule à Tokyo""

07/02/1995 à 01h23

SKORECKI Louis

Ciné Cinéfil, 22h

YASUJIRO OZU est un cinéaste très singulier. Alors qu'il s'attache à broder sur des thèmes répétitifs comme la solitude d'un homme ou d'une femme, ou l'impossibilité de reconstituer une famille, ses films n'en sont pas moins très variés et plus on en voit, plus on est déconcerté.

En 1957, Ozu signe Crépuscule à Tokyo, un film très noir et pessimiste. Au centre de l'intrigue, un homme que sa femme a quitté et qui vit avec ses deux filles. L'homme est joué de manière très lisse, presque translucide, par l'acteur fétiche d'Ozu, Chishu Ryu. La fille aînée (Setsuko Hara) s'est fâchée avec son mari qu'elle a quitté. Elle a une petite fille. Quant à la cadette (Ineko Arima), elle est amoureuse d'un garçon qui la délaisse.

Avant de rentrer chez lui, Chishu Ryu s'arrête dans un bar prendre un verre de saké bien chaud et manger du foie de calamar. A son retour, sa fille aînée lui raconte les excès de boisson de son mari journaliste. Pendant ce temps, la cadette cherche son fiancé de café en café. Il fait froid. Il se met à neiger. On comprend vite que la jeune soeur est enceinte. Mais à qui en parler? Son petit ami est lâche et fuyant, elle décide d'aller se faire avorter sans même l'avertir. Elle n'a personne à qui confier sa peine.

Plus le film avance, plus on voit qu'il n'est tissé que de solitudes. La soeur aînée décidera de retrouver son mari par réalisme, laissant ainsi son père seul au foyer. Désespérée, la soeur cadette s'est jetée sous un train. Mais il faut bien que la vie recommence. Elle continue. Ordinaire. Amère.

Louis SKORECKI

Rediffusions: mardi 7 à 20h30, mercredi 8 à 14h50, jeudi 9 à 12h10, vendredi 10 à 23h50.

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