segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Alphaville

LOUIS SKORECKI 3 NOVEMBRE 2004 À 02:51

Cinécinéma classic, 20 h 45.

On disait quoi, déjà ? Que le jeune Godard était un génie du tranchant, un cinéaste criard. Pas comme Truffaut. Truffaut ne faisait que des pubs pour papier cul, mais avec des adultes à la place des enfants. Le pire, c'est qu'il les filmait comme des enfants, ces adultes. C'était à vomir. C'est bien ça, non ? On ne regrette pas un mot de ce qu'on dit et redit depuis des années, pas une virgule. Juste un remords, un seul, celui de ne pas avoir crié assez fort que le petit Léaud était le seul génie de la Nouvelle Vague. Le seul à avoir inventé quelque chose de sidérant, une manière absolument contemporaine de déclamation intérieure. Tellement moderne, cette manière de dire les choses, les mots, les sentiments, que ce n'était plus possible après de revenir en arrière. Essayez, vous verrez que c'est impossible. Le petit Luchini le sait. Tout le monde le sait. On ne sait que ça. C'est comme Bresson. Quand il invente son économie narrative, son minimalisme déclamatoire, on ne peut pas revenir en arrière. Après Bresson, même la télé parle comme Bresson. Même José Dayan dirige comme Bresson. Vous ne le saviez pas. Tant pis pour vous.

On disait quoi, déjà. Ah oui, Godard. Drôle de bonhomme. Peut-on faire du moderne sur le lit du classique, du neuf sur la mémoire du vieux ? Une nouvelle vague, est-ce que ça existe ? Et la vieille, c'était quoi ? Duvivier, Autant-Lara, Christian-Jaque ? Vous avez oublié. Tant pis pour vous. Saleté de cinéphilie, pire que le présupposé décervelage par la télé au seul bénéfice de Coca-Cola dont on s'énerve à défaut de trouver autre chose. Et Alphaville, au fait ? Film criard avec acteur à tête de crapaud. Saviez-vous qu'Eddie Constantine était un salaud ? Qu'il torturait Howard Vernon, grand acteur de Melville, Lang, Biette, qui jouait souvent le méchant dans ses mauvais polars. Vous ne le saviez pas ? Tant pis pour vous.

SKORECKI Louis

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