quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Body Snatchers. Ciné Cinémas, 2 h 20.

LOUIS SKORECKI 27 SEPTEMBRE 1996 À 10:25

On connaît Abel Ferrara par ses films policiers décalés qui hésitent entre productions indépendantes et grands studios. Dès Angel of Violence (1981) et China Girl (1987), il se spécialise dans le polar nerveux et sanglant qu'il mène dans King of New York (1989) à son paroxysme symbolique et crypté, demandant à ses comédiens, Christopher Walken ou Harvey Keitel, une contribution outrée.

Body Snatchers est en 1993 le remake plutôt réussi du chef-d'oeuvre de Don Siegel, Invasion of the Body Snatchers. Pas question, pourtant, de le comparer à l'original: Don Siegel arrivait à une telle maîtrise dans l'art de la science-fiction noir et blanc paranoïaque qu'aucun film contemporain ne parvient à l'égaler. Abel Ferrara l'a bien compris, car il ne songe nullement à imiter Don Siegel et commence par s'éloigner, avec Larry Cohen au scénario, célèbre par sa création télé des Envahisseurs, de la trame originale. Depuis le début de l'histoire, racontée en voix off par Marti, une fille de 16 ans, on imagine déjà que quelque chose de terrible se produit dans la base militaire où son père est affecté.

Comment adapter au cinéma contemporain cette fable de la guerre froide qui voit des haricots géants remplacer peu à peu les derniers hommes de la planète? Ferrara s'en tire en distillant dès le début des fragments de cette apocalypse végétale. Il recadre aussi son récit sur Marti, jouée de manière touchante et teenager par Gabrielle Anwar, et son idylle avec un jeune pilote d'hélicoptère, Tim (Billy Wirth). En même temps que sa première aventure décidément sexuelle et interdite, Marti fait l'expérience du premier contact avec les légumes qui tuent.

Un Noir ahuri, joué très speed par Forest Whitaker, explique à nos deux héros que les haricots ne vous bouffent que quand vous êtes endormi. Conclusion: il ne faut plus dormir. Cela arrange bien la morale cinématographique d'un Abel Ferrara qu'on imagine aisément habité par les amphétamines.

SKORECKI Louis

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