segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Carmen Jones

LOUIS SKORECKI 7 DÉCEMBRE 2004 À 03:21

Cinécinéma classic, 22 h 20.

Les plus grands admirateurs de Preminger, c'était les gens de Présence du cinéma, Lourcelles, Mizrahi, Marc Bernard. Ils l'aimaient tous.

Il faisait partie de leur carré d'as, qui était affiché à l'entrée du MacMahon. Il y avait qui, déjà ?

Losey, dont la période américaine est bien oubliée, les deux grands borgnes, Walsh et Fritz Lang. Et Preminger.

Et Ford ?

Ils l'aimaient moins. Tout le monde peut se tromper.

Toi aussi, tu n'étais pas très fordien.

Tout le monde peut se tromper.

Pourquoi cet aveuglement sur Ford ?

Trop moderne, trop archaïque.

Trop «cinéma», c'est ça ?

Absolument. Tu deviens moins con à vue d'oeil, si je puis me permettre.

Et Preminger ?

Un peu oublié. Le Picasso du cinéma.

Tu n'exagères pas ?

Ce n'est pas un hasard si cet homme très doux (qui pouvait être terrible) avait des Klee dans son bureau.

Comment tu le sais ?

J'y étais.

Quand ça ?

New York, 1965, je crois.

Tu lui as montré le n° 2 de Visages du cinéma, le spécial Preminger ?

Avec les premiers textes de Daney et la filmographie de Gene Tierney ? Pas sûr. J'étais déjà aux Cahiers en 1965, après un passage à Présence du cinéma.

Pourquoi as-tu quitté Présence pour les Cahiers ? Tu n'étais pas macmahonien ?

Oui. Mais Rivette m'avait promis par écrit de faire entrer Daney comme rédacteur. Les Cahiers, c'était sa bible, je ne pouvais pas refuser.

Tu as trahi Présence ?

Oui. A l'époque, je ne comprenais rien au jargon des Cahiers.

Et Carmen Jones ?

Superproduction en Cinémascope (flamboiement, érotisme, morbidité), tournée en quatre semaines, qui annonce son dernier chef-d'oeuvre, le Cardinal. Mais c'est surtout un chant d'amour grand format pour le grand amour caché d'Otto Preminger, Dorothy Dandridge.

SKORECKI Louis

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