segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Chacun cherche son chat. France 2, 20h55.

LOUIS SKORECKI 8 SEPTEMBRE 1998 À 11:25

Feuilleton jeune cinéma, suite. Ici, mieux que dans le cynique Un air de famille, Cédric Klapisch fait preuve d'un vrai talent de conteur des rues. Dans ce film qui raconte avec un rien de décontraction l'histoire d'une jeune fille qui cherche son chat (perdu), et un client pour sa chatte (personne ne s'y intéresse), le cinéaste réussit l'exploit d'être fidèle à sa bande-annonce. Hier, un film qui ne ressemblait pas à son titre ou dont la bande-annonce était mensongère faisait inévitablement un flop, le public supportant mal qu'on lui mente sur la marchandise. Aujourd'hui, même si la bande-annonce promet mille fois plus que le film ne tient, celui-ci peut quand même faire un malheur. Tout se joue avant même que les spectateurs ne «rencontrent» un film, à deux ou trois exceptions près tous les dix ans, comme Marius et Jeannette, jolie fable qui creuse intelligemment l'idée de croyance, ou l'Age des possibles, miracle bavard filmé à la six-quatre-deux. Chez Klapisch, ça vole évidemment moins haut, mais ça reste dignement naturaliste, chaleureux, un rien dragueur.

Chacun cherche son chat se passe l'été, dans un Paris villageois qui s'assoupit entre Bastille et Voltaire, au rythme d'un gospel funk chaleureux (Al Green), au moment où les bars débordent d'un chahut bon enfant. Une jeune fille part en vacances, non sans avoir placé son chat chez une vieille radoteuse parigote (celle-là même qui «vend» si bien la bande-annonce du film). Le temps d'un plan de mer durant à peine sept secondes (montage efficace et impressionniste de Francine Sandberg), et l'héroïne est déjà rentrée. Le chat s'est sauvé, la chaleur s'est installée, une chaîne de solidarité se met en place pour retrouver le noiraud («Attention aux africains, hein, ils les mangent!»). Prise entre son colocataire pédé qui l'ignore et un Algérien complexé qui veut se la faire, notre charmante héroïne erre dans son loft minable («Ça fait un très bel espace...»), au son d'un ça, c'est Paris gouailleur. Esthétiquement, ça ressemble aux anciens slogans pas cons d'Actuel, «On veut de beaux appartements», «A bas le second degré».

SKORECKI Louis

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