quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Choses secrètes (2)

LOUIS SKORECKI 5 NOVEMBRE 2004 À 02:53

Cinécinéma auteur, 23 h 50.

On parlait de quoi, déjà ? Ah oui, la Nouvelle Vague. ça fait si longtemps qu'on ne sait plus ce que c'est. Il s'agissait de quoi, déjà ?

On voulait mettre des jeunes à la place des vieux, tu as oublié ?

Chasser les vieux pour mettre des jeunes. Quels jeunes ? Quels vieux ? Quel était l'enjeu ?

Tu te fous de ma gueule, c'est ça ? Tu te souviens très bien. Tu me joues la chanson de la vieille fille qui a la mémoire qui flanche, c'est ça ?

Non. Qui voulait chasser qui ?

Truffaut voulait la place de Duvivier, tu as oublié ?

Je ne comprends pas. Le plus jeune, c'était Duvivier, non ?

Tu te rappelles qu'on s'éclatait à la Cinémathèque, ça, tu ne peux pas l'avoir oublié.

ça me revient. Langlois était parti, Claude Berri l'avait remplacé...

Demande-moi plutôt pourquoi il me faut deux chroniques entières pour ne pas parler du dernier Brisseau.

Le Brisseau, alors ?

Brisseau n'aime ni Godard, ni Truffaut. Il aime l'identification à l'américaine, les chansons de Sinatra, les cils de Gary Cooper, le suspense sexuel de Hitchcock, et basta.

Hitchcock n'est pas sexuel.

C'est ça, le génie de Brisseau. Un grand cinéaste est d'abord un grand spectateur. Le spectateur Brisseau a vu, de ses yeux vu, les enjeux sexuels du suspense hitchcockien. Il l'a vu, il l'a reproduit. C'est Choses secrètes.

C'est beau ?

Génial, tu veux dire.

(A suivre)

SKORECKI Louis

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