quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Choses secrètes (3)

LOUIS SKORECKI 10 NOVEMBRE 2004 À 02:56

Cinécinéma auteur, 2 h 15.

Encore Brisseau. ça commence à bien faire. Il a pété les plombs, Skorecki. Il y en a marre de ces théories sur le génie du spectateur, qui surpasserait celui du cinéaste.

Il faudra t'y faire. Le cinéma n'est pas près de se transformer en DVD filmé.

Je ne comprends pas.

Il faudra t'y faire. Brisseau déteste la Nouvelle Vague. Il préfère Tirez sur le pianiste, l'un des plus misérables films de genre, à Alphaville, le seul film de genre réussi des années 60, c'est dire. Il aime même la Femme d'à côté, qui ne vaut pas le plus mauvais Zulawski.

Tu exagères, comme toujours.

Qui aime bien châtie bien.

Et Brisseau, alors ?

Il n'aime que les chansons de Sinatra, les films de Gary Cooper, le suspense sexuel d'Hitchcock.

Le suspense hitchcockien n'a rien de sexuel, c'est une pure mécanique.

Le génie de Brisseau, c'est d'avoir entrevu dans le suspense ce qu'il pouvait produire de sexuel.

Je n'y comprends rien.

Il s'agit de pulsions. Le spectateur Brisseau a vu les pulsions cachées, les pulsions secrètes, à l'oeuvre chez Hitchcock. Tu comprends ?

Non.

Tout jeune, il a entrevu ce qu'il pourrait en tirer plus tard.

Je ne comprends pas.

Il s'est identifié aux pulsions secrètes, celles qui sont tapies à l'arrière-plan , des pulsions inabouties. Des années plus tard, le cinéaste Brisseau a mis des images sur ce qu'il avait vu. Tu comprends ?

Non.

Des pulsions secrètes d'Hitchcock, il a fait Choses secrètes. Tu comprends ?

Non.

Si je te parle des «lourdes savates du janséniste Brisseau», tu comprends mieux ?

Ah oui.

Et ça t'intéresse ?

Ah oui.

La phrase est tirée d'un article d'Alain Riou (le Nouvel Observateur). Tu vois, je ne peux rien pour toi.

SKORECKI Louis

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