quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 20h30. Despote. Joseph H. Lewis.

LOUIS SKORECKI 31 MAI 1996 À 04:57

Né en 1900, Joseph H. Lewis a passé sa vie à tourner de vraies séries B, parvenant souvent à boucler un film en trois jours. Entre 1937 et 1958, il a fait merveille et réussi à hisser certains de ses films à petit budget au rang de véritables chefs d'oeuvre. On se rappellera surtout de ses thrillers magnifiques comme My Name is Julia Ross, So Dark is The Night (un policier se lance à la poursuite d'un criminel qui n'est autre que lui-même), Undercover Man, véritable documentaire sur la police du Trésor, A Lady Without Passport sur l'immigration clandestine aux USA, The Big Combo avec une photographie superbe de John Alton et enfin son film le plus connu, le Démon des armes (Gun Crazy), une sorte de Bonnie and Clyde sauvage et primitif porté par une révolte sans nom et un amour fou qui n'aurait pas déplu aux surréalistes.

The Halliday Brand est en 1957 un drôle de western mêlé de tragédie que le titre français, Despote, traduit bien. Même si le jeu des acteurs est souvent approximatif, le style est toujours d'une vigueur étonnante, passant sans prévenir d'un magnifique mouvement de caméra à un plan serré tout aussi réussi. L'histoire commence par la confrontation de deux frères. Clay (Bill Williams) a réussi à retrouver Daniel (Joseph Cotten) après six mois de chevauchée. Son père est mourant, il veut le voir une dernière fois. C'est Ward Bond qui joue ce père tyrannique que sa fille Martha (Betsy Blair) soigne comme elle peut.

Un flashback jette quelque lumière sur cette famille déchirée. Le père, qui s'appelle Daniel comme son fils, est le fondateur de la ville et de la région. Il a combattu les indiens et fondé un empire. Quand sa fille Martha veut épouser le métis Javarro, le père s'y oppose. En tant que shérif de la ville, il l'arrête pour vol de bestiaux et le laisse pendre par une foule déchaînée. Daniel quitte alors le ranch et s'oppose à son tyran de père. Il va s'attaquer à ses propriétés, semer la terreur parmi ses bêtes, cherchant sans cesse à le provoquer. Amoureux de la soeur de Javarro, Alita (Viveca Lindfors), Daniel va jusqu'à cambrioler la banque pour défier son père. Un affrontement final permet aux enfants de se révolter enfin, ensemble, contre un despote qu'ils haïssaient.

SKORECKI Louis

Nenhum comentário:

Arquivo do blog