segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Cow-Boy

31 OCTOBRE 2006 À 23:53

LOUIS SKORECKI

Entre Daves et moi, il y a toujours eu une amitié distante, un mélange de doute et d'affection, doublé d'une complicité presque biographique. Non que je sois né le même jour que lui, comme Walsh, né un 10 mars comme moi. Quand je lui ai dit, à Raoul Walsh, qu'on était nés le même jour (c'était à Hollywood, en août 1963, sur le tournage de son dernier film, Distant Trumpet), il m'a regardé d'un drôle d'oeil. Il faut dire qu'il n'en avait qu'un, d'oeil. L'autre, celui qui ne me regardait pas, et pour cause, était protégé par du coton épais, sous d'épaisses lunettes. Ça lui faisait une belle jambe à Raoul Walsh, d'être né le même jour que Skorecki. Vous voulez dire quoi au juste, jeune crétin ? disait son oeil unique. J'ai baissé les miens sans rien dire.

Je n'ai jamais rencontré Delmer Daves (né le 24 juillet 1904, mort le 17 août 1977), mais mon premier texte aux Cahiers était sur l'un de ses films, Spencer's Mountain, dont je comparais le charme sucré à celui de la crème de marrons. On crut que j'étais le nouveau Luc Moullet (humour pince-sans-rire et érudition), mais on dut vite déchanter. J'ai toujours aimé décevoir. Aujourd'hui encore, j'adore ça. Et Cow-Boy, demande le lecteur énervé, tu en parles, ou quoi ? Western ironique et documentaire de 1958, où un employé d'hôtel (Jack Lemmon) devient cow-boy, sous la supervision amusée d'un vrai vacher, le rusé Glenn Ford. Scénario (non crédité) : Dalton Trumbo. Photo : Charles Lawton Jr. Générique : Saul Bass. C'est tout ? Oui.

SKORECKI Louis

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