segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Cuntry Club

LOUIS SKORECKI 6 MARS 2002 À 22:30

Ciné Cinémas 1, 0 h 35.

Les meilleurs films, disons les moins mauvais, ce sont les films/chansons, ceux qui n'attachent pas plus d'importance que ça au «cinéma», qui le considèrent comme un simple refrain d'images, une friandise à consommer dans le noir. Des images qui se fredonnent, en ces temps d'auteurisme approximatif et de cynisme généralisé, ce n'est déjà pas si mal. Mais le porno, le porno ordinaire, est-ce qu'il peut faire chanter les images? Les films de cul, tout ce qui se regarde tard le soir, sur les chaînes payantes, est-ce que ça peut jouer le jeu de la chanson, le jeu de la mièvrerie? A écouter la musique au mètre, la musique millimétrée qui habille les pornos d'usine, celle qui permet à Marc Dorcel de se faire des couilles en or (c'est lui, et lui seul qui compose), on serait tenté de dire que la chanson se contente d'habiller vite fait ceux qui se déshabillent encore plus vite.

Pas sûr. Se souvenir que le cinéma en tant que chanson, en tant que refrain d'images, n'a rien à voir avec sa musique. C'est le film qui se conçoit comme chanson, pas sa bande-son. Côté tempo, le porno se structurerait plutôt comme la musique répétitive. Lancinante, minimale, elle redouble, à coups de synthés bon marché, le minimalisme tout aussi répétitif des différentes postures de la pornographie ordinaire: fellation, cunnilingus, sodomie, double pénétration, éjaculation faciale, pour s'en tenir aux plus communes. Cuntry Club, porno d'usine pas plus con qu'un autre, relève de ce minimalisme vulgaire et entêtant, qui habille tant d'entreprises internationales. Signée Nicky Ranieri, cette production Private exhibe sans grâce trois filles tout aussi disgracieuses (Monica Roccaforte, Patricia Golem, Melinda Herminez), avec un art appuyé de la répétition frontale. Sur un arrière fond d'escalades en montagne («Oh, tu es tombé. Où tu as mal? Plus haut? Plus bas? Là... Mais tu bandes mon chou... Mais c'est énoooooorme...»), le film organise ses images sur un rythme de bourrée, avec pour seule extravagance une double pénétration ­ souvent tentée, rarement réussie ­ de deux grosses bites dans un seul et même vagin XXL­ et non dans une chatte et un cul, comme c'est le cas dans presque tous les films. On trouve dans le commerce, sous le même label Private (188DC), le meilleur DVD porno du moment, Without Limits (Sex out of Control), un multiangles signé Antonio Adamo. Les filles sont jeunes et jolies, elles sucent bien et longtemps, et les exercices en voyeurisme (style polar anglais new wave) sont mieux vus que dans la plupart des Brian de Palma de série.

SKORECKI Louis

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