segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Dancing

30 NOVEMBRE 2006 À 00:17

LOUIS SKORECKI

Pierre Trividic est un homme de télévision. Oublier ça, c'est pire qu'un crime, c'est une faute de goût. Avant sa belle association avec Patrick-Mario Bernard (plus ici un troisième homme, Xavier Brillat), il travaillait pour la télé, seulement la télé, la vidéo, le virtuel. Pourquoi je vous dis ça ? Pour que vous sachiez que Dancing (après Ceci n'est pas une pipe, la Différence entre l'amour, ou encore le clip magrittien de Desireless), est un projet rêvé, virtuel, avec fantômes et tout le tintouin. Avant d'être une fiction en forme de journal intime (ou plutôt «extime», comme Bernard et Trividic définissaient leur opus précédent, chef-d'oeuvre domestico-sexuel diffusé au grand jour sur Canal +), Dancing est un film avec fantômes.

Où passent les fantômes quand ils ont passé le pont ? Ils font l'acteur dans les locaux expérimentaux de Dancing, là où vit le couple-ours. C'est quoi un couple-ours ? Un couple-fantôme ou réel ? Gentil ? Méchant ? Carnassier ? Ces deux-là se rêvent-ils en couple-ours, ou est-ce le couple-ours qui ne cesse de se voir en couple de cinéma ? A la jonction de Cocteau et de Fassbinder, se crée en direct une poésie de l'effroi domestique et du froid intérieur. A vous de voir si vous voulez y mettre un doigt, une main, un pied, rien que pour voir si c'est humide ou pas. Je pense que oui. Je vous embrasse, les enfants.

SKORECKI Louis

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