segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Drôle de frimousse

LOUIS SKORECKI 19 DÉCEMBRE 2002 À 02:11

Cinétoile, 22 h 35

On aime rarement à la fois Minnelli et Donen. Minnelli, ce sont les chorégraphies baroques et intemporelles, la distance imperceptible entre le rêve et la réalité, le spectacle et le monde (The world is a stage/The stage is a world/Of entertainment). Donen est plus difficile à résumer d'une formule, disons qu'il est du côté du fantastique social, des chorégraphies urbaines, de la pure énergie de vivre. Au-delà de ces deux manières différentes de concevoir le monde, en sautant du rêve à la réalité (Minnelli), ou en dansant comme si sa vie en dépendait (Donen), de vraies similitudes rapprochent ces deux cinéastes/danseurs. On s'en rend compte dans le merveilleux Drôle de frimousse (Funny Face) dont la stylisation forcenée est plus minnellienne qu'il n'y paraît à première vue. C'est pourtant un film de Donen, l'un de ses plus magiques, de ses plus parfaits, de ses plus personnels.

On a souvent douté du génie de Stanley Donen, l'un des témoins les plus fiables, Debbie Reynolds allant jusqu'à affirmer que trois de ses plus beaux films, Un jour à New York (1949), Chantons sous la pluie (1952) et Beau fixe sur New York (1955) étaient l'oeuvre du seul Gene Kelly, crédité au générique comme chorégraphe et coréalisateur. On trouvera ailleurs (dans Mariage royal, Deep in my Heart, Damn Yankees, ou dans tel téléfilm récent où son talent si attachant déborde du cadre étroit d'une pièce filmée) de nombreuses preuves de l'aisance de Donen à retranscrire les chorégraphies intimes de la vie. Dans Drôle de frimousse (1957), c'est le charme presque féerique d'une histoire d'amour bâtie sur mesure pour Audrey Hepburn et Fred Astaire qui étonne encore aujourd'hui. Quatre ans plus tard, avec Diamants sur canapé, Blake Edwards cherchera à retrouver l'essence, la photogénie, la modernité de ce film d'amour si désuet. Audrey Hepburn met ici au point son personnage de sauvageonne à la beauté brute, un personnage qui ne s'est jamais démodé.

SKORECKI Louis

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