segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Elena et les hommes

LOUIS SKORECKI 3 NOVEMBRE 2003 À 01:41

TPS Cinétoile, 21 heures

Connaissant son penchant pour le Petit Théâtre de Jean Renoir, on se demande si Rohmer aimerait avec le même enthousiasme Elena et les hommes, tourné en 1956, à peine trois ans avant ce chef-d'oeuvre de boy-scoutisme intégral qu'est la Partie de campagne. Il y a fort à parier qu'il se délecterait aussi au charme frivole et désuet d'Elena et les hommes, curieuse fantaisie amoureuse en costumes de la Belle Epoque, cirée à l'encaustique comme si elle venait du musée Grévin (ou d'un Resnais de quartier), et amidonnée comme si elle sortait du pressing le plus proche. Le vieux Renoir n'est pourtant pas si vieux que ça quand il tourne Elena et les hommes. Avoir 62 ans, pour un cinéaste, ce n'est pas un handicap, surtout pour tourner un vague remake du Carrosse d'or. De toute façon, on a toujours 62 ans quand on est cinéaste.

Le gâtisme empesé d'Elena et les hommes prouve au moins une chose, c'est que le fils du peintre mondain Auguste Renoir a gardé de ses expériences d'aviateur (14-18) davantage qu'une simple claudication. A partir de French Cancan (1955) et malgré de belles parenthèses au début des années 60 (le Testament du Dr Cordelier, le Caporal épinglé), c'est tout son cinéma qui se met à boiter. Boiter, pour un cinéaste, ça peut être déchirant. Mais pas quand il se met en tête de jouer à cache-cache avec des personnages (Jean Marais, Ingrid Bergman, Mel Ferrer) qui ont passé l'âge. Ce qui est sûr, c'est que ça ne peut pas donner un bon film. Est-ce que c'est un film, d'ailleurs ? Au mieux, c'est une série de politesses, de crinolines déplacées. Jean Richard est bon (comme toujours), Magali Noël est superbe (comme toujours). Est-ce que ça fait un film ? A vous de voir.

SKORECKI Louis

Nenhum comentário:

Arquivo do blog