segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Elle et Lui (1939)

CINECINEMA CLASSIC, 15 h 30

Par Louis SKORECKI

C'est la première version en noir et blanc, moins connue que le remake en scope couleurs avec Cary Grant et Deborah Kerr. J'ai mis plusieurs dizaines d'années à préférer sa sécheresse et sa stylisation à l'exaspération colorée de la version de 1957. Un seul et même scénariste pour les deux, Delmer Daves, un seul cinéaste, Leo McCarey. Cette version primitive est moins harmonieuse (pour reprendre un mot de Lourcelles), mais elle a un chien fou. C'est comme pour Hitchcock. J'ai mis près de cinquante ans à décider que les 39 Marches surpassait en génie brut, en pure légèreté, tous ces films tardifs que j'ai littéralement vénérés pendant des décennies, la Mort aux trousses, Sueurs froides, Pas de printemps pour Marnie, Psychose. De la même manière que le jeu des acteurs hitchcockiens d'avant-guerre surpasse en charme pur celui des Cary Grant, James Stewart, Kim Novak ou Tippi Hedren, la vivacité presque improvisée d'Irene Dunne et de Charles Boyer me touche plus aujourd'hui que le jeu pastel de Deborah Kerr et de Cary Grant, pourtant l'un des plus beaux couples de l'histoire du cinéma. Découvrir que l'amour, le vrai, existe, avec ces deux-là (le séducteur trop français qu'incarne Charles Boyer, la grande bourgeoise évaporée que joue Irene Dunne) me bouleverse, en grand style. Encore une fois, s'aiment-ils ? Oui.

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