quinta-feira, 10 de setembro de 2015

Gloria

Par Louis SKORECKI — 24 février 2004 à 23:22

Le message de Cassavetes, c'est Cassavetes. Si tu ne comprends pas ça, tu ne comprends rien à son cinéma. Si un type fait de la publicité pour lui-même, c'est bien lui. Ford faisait ça aussi, mais dans un autre genre. Il était passé maître dans l'art de la propagande pour une certaine image de lui-même (derrière laquelle il s'est caché toute sa vie), une sorte de double qu'il n'a cessé de vendre dans ses films, surtout ceux qui avaient à voir avec ce pays métaphorique et imaginaire qu'il appelait «Irlande». Mais Ford est un grand cinéaste, pas Cassavetes.

Je ne suis pas d'accord.

Tu aimes l'homme, pas les films.

Contrairement à toi, qui n'aimes que l'homme-Cassavetes, j'aime les films autant que l'homme. Son cinéma est aussi généreux que lui. Le monde est sa famille.

Il n'aime que sa famille, tu veux dire. Préserver ses amis, sa folie, sa famille, c'est tout ce qui compte pour lui. Il fait des home movies, c'est tout.

Et alors, c'est interdit ?

Il n'y a pas plus hollywoodien que Gloria, à part A Child is Waiting, cette merveille qu'il a eu le mauvais goût de renier. Tu vois, Cassavetes se croit libre à Hollywood, mais il ne l'est pas plus qu'un autre. Il est passé du statut d'acteur de télé (Johnny Staccato) à celui de clone de Bogart.

Et c'est mal ?

Tant qu'à faire, mieux vaut imiter un bon acteur (Gary Cooper ou James Stewart) qu'un acteur aussi mauvais que Bogart, non ?

Et, comme cinéaste, Cassavetes imite qui ?

Personne. C'est bien le problème.

???!!!???

Au cinéma, il faut savoir se tenir. Il faut savoir de qui tenir, si tu préfères. Un «homme libre à Hollywood», c'est mauvais signe. Au fait, un signe, c'est quoi ?

Tu m'emmerdes.

Louis SKORECKI

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