quinta-feira, 10 de setembro de 2015

Harem. M6, 20 h 55.

10/02/2000 à 22h19

SKORECKI Louis

«L'ennui, avait-il dit, qu'est-ce que ça vous inspire, jeune homme?» Il ne s'adressait pas vraiment à moi, le saint homme, il fallait plutôt voir dans cette apostrophe ironique, voire même désabusée, un nouveau signe, une nouvelle évidence de ma place en classe ­ celle du crétin, du bon dernier, de celui qui ne sortira rien d'intelligent de la dissertation du jour, quel que soit le sujet imposé, tout simplement parce qu'il était le plus couillon du lot. Aujourd'hui, près de quarante ans plus tard, voilà que je m'imposais à moi-même le même type d'exercice imbécile, fastidieux ­ comme si de suer sang et eau sur ces foutues dissertations me manquait vraiment. L'ennui, donc. Prendre dans la liste, de plus en plus longue, de plus en plus triste, des «films du jour», les plus ennuyeux. On a le choix. Harem semble, à première vue, ce qui se fait de plus fastidieux et obscène aujourd'hui. Première superproduction sexy du fils Joffé, Arthur, encore moins doué que son père (pas le premier de la classe, lui non plus, Alex Joffé signa quand même, en 1962, les Culottes rouges, version primitive de la Grande vadrouille, avec le même Bourvil, sorti seulement quatre ans plus tard), Harem est un film taillé sur mesure pour Nastassja Kinski. Libération titrait en 1985, à la sortie du film (la critique avait la dent dure à l'époque) «Un Harem pomme à l'huile», résumant un peu cruellement le téléfilmage/loukoum de cette reconstitution orientalisante. Ben Kingsley achève de worldiser l'ensemble, faisant de la problématique sexuelle du film un vrai ragoût esperanto difficilement supportable.

On aurait aussi pu traiter, puisque le thème du jour est l'ennui, de Tu ne tueras point (1 h 40, France 2), décaloguerie/coup de poing de Krzysztof Kieslowski en forme d'abattage rituel. Pas assez juif à notre goût, même si la collaboration de KK avec son frère avocat (Krzysztof Piesiewicz) donne à l'invective du cinquième commandement des allures inattendues de cayatterie rétro. La Corde (1948), Thérèse (1986) et les Eaux printanières (1988) sont aussi parmi les films les plus ennuyeux de leurs auteurs respectifs, Hitchcock, Cavalier, Skolimowski.

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