quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Holy matrimony. Ciné Cinéfil, 19h.

LOUIS SKORECKI 10 DÉCEMBRE 1996 À 03:19

On ne connaît généralement de John M. Stahl que Pêché mortel (Leave Her to Heaven), qu'une ressortie en salles a sauvé de l'oubli. Ce formidable mélodrame racontait en technicolor dramatique la passion névrotique et criminelle d'une femme, jouée par la sublime Gene Tierney. Stahl avait déjà 60 ans quand il a signé ce film.

Né en 1886, Stahl commence en 1914 à New York avec des court métrages. Qui a vu les quelques vingt films muets qu'il tourne entre 1917 et 1928? En 1932, il signe le magnifique Back Street, l'un des plus beaux mélos de l'histoire du cinéma. En 1934 et 1935, ce sont Imitation of Life et Magnificent Obsession qui surpassent presque les deux remakes que Douglas Sirk en tirera. Fabuleux peintre des sentiments excessifs et des passions humaines démesurées, Stahl a aussi réalisé en 1947 une très belle saga sudiste, la Fière créole, avec Rex Harrison.

Holy Matrimony est un inédit de 1943 qui est loin des furies romantiques des mélodrames de Stahl. C'est l'histoire d'un certain Priam Farll, un peintre célèbre en Angleterre qui s'efforce tout au long de sa vie de se préserver des retombées de la gloire. On le découvre en 1905 caché aux fins fonds de la Patagonie avec son valet Leek. Il y peint en toute tranquillité depuis un quart de siècle. C'est Monty Wooley, avec sa barbe à la Don Quichotte, qui joue avec un ton pince sans rire le peintre supposé génial.

Une lettre du Roi qui veut le récompenser convoque Priam à Londres. Quand son valet meurt soudain, il décide de prendre son identité. Il assiste donc aux funérailles nationales qu'on lui fait! Le film est une drôle de comédie sur ce misanthrope qui ne connaît rien au monde réel et veut à tout prix qu'on le laisse tranquille. Il connaît le bonheur et l'anonymat en se mariant à Alice (Gracie Fields), une femme qui voulait épouser son valet par correspondance. Le rythme de l'histoire s'emballe quand Priam, qui continuait à peindre, est reconnu. Comment retrouvera-t-il le bonheur et la tranquillité?

SKORECKI Louis

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