segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Il faut marier papa.

LOUIS SKORECKI 5 SEPTEMBRE 2000 À 03:59

TMC, 18h40.

On verra bientôt sur cette même chaîne The Bad and The Beautiful et la Vie passionnée de Vincent Van Gogh, deux des chefs-d'oeuvre de Vincente Minnelli tournés au milieu des années 50. Un peu d'exigence nous obligerait à clore définitivement sa carrière hollywoodienne en 1959, avec Comme un torrent. Le cinéma étant ce qu'il est, c'est-à-dire pas grand-chose, on lui accordera un somptueux post-scriptum de quatre ans, espace préposthume où le cinéaste traîne un peu les pieds, avec une certaine tendance au maniérisme, réussissant quand même cinq films de toute beauté: Celui par qui le scandale arrive, Bells Are Ringing, les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse, Quinze jours ailleurs et ce petit chef-d'oeuvre d'intimisme gamin, livré comme par étourderie à ses derniers fidèles en 1963, Il faut marier papa. Minnelli a tourné trente films pour la MGM, celui-là est l'avant-dernier. Il y retrouve le naturalisme sautillant de ses comédies familiales avec Elisabeth Taylor (Father of the Bride, Father's Little Dividend) et même un petit quelque chose des amours tordues de Thé et sympathie, film méconnu qui est depuis longtemps la passion secrète des vrais minnelliens.

Le petit Ron Howard veut marier son papa, Glenn Ford, mais il trouve toujours quelque défaut à ses fiancées (Stella Stevens, Dina Merrill). La voisine de palier, Shirley Jones, est pourtant si jolie... Glenn Ford la remarquera-t-il? Elégance inquiète, impeccable filmage à hauteur d'enfant, sécheresse sentimentale. Après Il faut marier papa, Minnelli fera semblant de faire du cinéma jusqu'en 1976 avec quatre films dont on peut se dispenser et qui jettent un dernier éclairage un peu triste sur une carrière de rêve. Il se promènera encore quelques années d'un festival à l'autre, d'une récompense officielle quelconque à un éloge scorsesien presque familial, exhibant à Deauville ses invraisemblables costumes jaune citron, son fond de teint rose et ses cheveux presque bleus. Dix ans de chômage et d'hommages baroques jusqu'à un petit matin de 1986 où il choisira de s'en aller sur la pointe des pieds, comme un vieux danseur mondain de 76 ans.

SKORECKI Louis

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