segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Jules et Jim

LOUIS SKORECKI 22 JANVIER 2003 À 21:56

Cinéfaz, 12 h 15.

Truffaut, encore. Pas près de nous sortir de la tête, celui-là. Pour un peu, on mesurerait le cinéma français, celui d'hier, celui d'aujourd'hui, celui de demain, à l'aune du modèle Truffaut. Truffaut, c'est le patron. Au sens couture, évidemment. Le vrai patron ­ comme disait Rivette, qui a toujours raison quand il parle cinéma ­ c'est Renoir. Question pour étudiants, pour cinéphiles : quelle est la différence, s'il y en a une (attendez avant de vous étrangler) entre Truffaut et Lelouch, par exemple entre Jules et Jim et Un homme et une femme ? Réfléchissez, ça vous changera.

Vous séchez ? C'est simple comme le cinéma, pourtant. Deux comédies romantiques, presque impressionnistes. Jusque-là vous suivez. Deux films qui doivent leur succès, en tout cas leur grand succès, à deux chansons, deux airs populaires, avec des paroles et des musiques dont on ne se défait pas facilement. Et deux merveilleuses actrices, deux des rares divas du cinéma français, l'une qui n'a pas fait assez de films (Anouk Aimée), l'autre qui en a sans doute fait trop (Jeanne Moreau).

D'être ainsi réduit au patron (décidément, le cinéma est affaire de couture) d'un Lelouch qui n'a après tout que quatre ans de plus que lui, ça ne vous retourne pas votre Truffaut ? On dira que Jules et Jim a plus de tenue qu'Un homme et une femme, que le Tourbillon a plus à voir avec le cinéma que tous les chabadabadas du monde. On dit tant de choses. Disons juste, pour le moment, que Jules et Jim, avec son pointillisme exacerbé, sa raideur datée, regarde davantage du côté de la littérature, donc du passé. Raideur pour raideur, on ne nous empêchera pas de préférer les Deux Anglaises et le Continent du même Truffaut, d'après le même Henri-Pierre Roché, avec le sublime Jean-Pierre Léaud. Il a mal quand il joue, Léaud. Le cinéma a mal quand il ne joue pas. Tu le regardes jouer, ça fait encore plus mal. Il a tout bon, Léaud, non ?

SKORECKI Louis

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